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Coronavirus: un "Ségur de la Santé" pour panser l'hôpital et les soignants

Le "Ségur de la santé" réunira ce lundi responsables syndicaux et collectifs de soignants dans une visioconférence qui débutera par un message du Premier ministre Edouard Philippe. Cette concertation vise à améliorer les conditions de travail des soignants, leurs rémunérations et la prise en charge des malades.

Les professionnels de la santé ont les yeux rivés lundi sur le lancement du "Ségur de la Santé", vaste concertation destinée à améliorer ses conditions de travail, ses rémunérations et la prise en charge des malades.

Cette grande concertation, du nom de l'avenue où se trouve le ministère de la Santé, lancée par le ministre Olivier Véran, doit aboutir "mi-juillet". Elle répond à la promesse d'Emmanuel Macron qui avait évoqué fin mars "un plan massif d'investissement et de revalorisation" pour l'hôpital. Hausse des salaires, temps de travail, gouvernance des hôpitaux... tout sera passé à la moulinette de cette concertation.

Responsables syndicaux et collectifs de soignants seront réunis en visioconférence, qui débutera à 15H30 par un message du Premier ministre Edouard Philippe et comptera plus de 300 participants, représentants aussi des Ehpad, des établissements médico-sociaux et de la médecine de ville.

"Le vrai hommage aux soignants, ce serait de ne pas se moquer d'eux avec des promesses non tenues", a prévenu ce week-end le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux dans le Journal du Dimanche.

"Combattants épuisés"

"Monsieur le président, montrez-nous qu'on peut compter sur vous", exhorte pour sa part un collectif de soignants et de paramédicaux, dont les collectifs Inter-Urgences et Inter-Hôpitaux, dans un courrier à Emmanuel Macron, publié par Libération.

"Il faut tenir, mais les combattants épuisés vont déserter si le 'plan massif' que vous avez annoncé, monsieur le Président, n'est pas à la hauteur des enjeux", préviennent-ils, avant de détailler leurs propositions pour un "véritable service public" de santé. En début de carrière, les rémunérations des infirmiers français, 1500 euros, sont parmi les plus faibles des pays de l'OCDE. 

Martin Hirsch, président l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris), estime la remise à niveau pour les paramédicaux "de l'ordre de 15 à 20%", dans un entretien aux Echos, plaidant pour une approche "différenciée" selon les besoins et les spécialités. 

Autre question-clé qui agitera cette concertation pilotée par l'ex-dirigeante de la CFDT Nicole Notat: l'organisation du temps de travail, source de tensions récurrentes dans les hôpitaux. La réforme "passera par une remise en question de certains carcans qui empêchent ceux qui le souhaitent de travailler davantage", a prévenu Olivier Véran. 

P.S. avec AFP