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Pourquoi les cerises n’ont jamais coûté aussi cher

En grande distribution, le kilo de cerises coûte 8,71 euros en moyenne  en ce mois de juin.

En grande distribution, le kilo de cerises coûte 8,71 euros en moyenne en ce mois de juin. - Flickr cc - Guillaume Gautreau

Fruit estival par excellence, les cerises s’affichent à des prix records cette année. La faute à la météo, mais pas uniquement.

Les amateurs de clafoutis sont prévenus. cette année, ils en mangeront plus souvent aux abricots qu'aux cerises. À 8,71 euros le kilo en moyenne, d’après les données les plus récentes du ministère de l’Agriculture, elles n’ont jamais coûté aussi cher. Du coup, nombreux sont les consommateurs qui préfèrent s'en priver.

À tel point que les grandes surfaces ont du mal à vendre leur stock et finissent par jeter ces fruits rapidement périssables. "Je ne vais pas en commander à 10 euros le kilo pour les jeter derrière. Elles sont trop chères, personne ne les prendra à ce prix-là", a expliqué le responsable d'une enseigne Franprix au Parisien.

Une météo capricieuse

Selon FranceAgriMer, le prix moyen du kilo de cerises début juin dans la grande distribution atteignait 6,10 euros en 2014 et 7,15 euros l’an dernier. Alors pourquoi une telle envolée? La première fautive est un élément contre lequel personne n’a de prise: la météo. Cet hiver, les températures relativement douces ont ralenti la pollinisation, puis au printemps, la forte pluviométrie et les coups de froid tardifs ont détérioré ces fruits particulièrement fragiles.

Résultat: le belles cerises bien rondes et colorées que recherche la grande distribution se font rares et donc chères. Un phénomène amplifié par une production générale de cerises en recul depuis le début des années 2000, comme le montrent les données de l’Agreste, reprises par Le Parisien.

L'interdiction du diméthoate

Mais cette année, un élément nouveau s’est ajouté: les producteurs français ont dû bannir l’utilisation du diméthoate. Interdit en France depuis le 1er février sur avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), cet insecticide était pulvérisé pour tuer les mouches et autres insectes dont un ravageur très virulent: le moucheron asiatique (Drosophilia suzukii).

"On a essayé de trouver une alternative en pulvérisant deux à trois produits phytosanitaires avec des matières actives moins nocives. On est arrivé à contenir les attaques de mouches mais ça a engendré un surcoût", témoignait l’arboriculteur varois Didier Ricca en mai auprès de Nice Matin. Un surcoût qui a contribué à gonfler encore un peu plus le prix de vente des cerises.

Enfin, l’interdiction d’importation de cerises traitées au diméthoate décrétée le 22 avril dernier par le gouvernement n’a fait que renforcer le phénomène de raréfaction sur le marché français.

Si les cerises deviennent trop onéreuses, les consommateurs peuvent néanmoins se rabattre sur d'autres fruits de saison comme la pastèque, les pêches et même la rhubarbe dont les prix demeurent plus raisonnables.

Adeline Raynal