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Pourquoi Air France teste la revente de billets d'avions "d'occasion"

La compagnie a testé durant plusieurs mois Flexfly, un site d'annonce permettant à ses clients de revendre leurs billets qu'ils ne peuvent pas utiliser.

Vous avez acheté un Paris-Nice aller-retour il y a plusieurs mois sur Air France mais vous ne pouvez finalement plus partir. Vous pouvez certainement faire une croix sur vos 120 euros. Car chez Air France, les billets les moins chers ne sont non ni modifiables ni remboursables. Et vous ne pouvez pas le revendre car votre nom est inscrit dessus.

Mais cela pourrait bientôt changer. Air France a testé durant quelques mois Flexfly, un site de revente de billets d'occasion. Une sorte de Bon Coin mais pour billets Air France et sa filiale Joon. Le site qui n'est plus actif depuis ce jeudi après-midi permettait d'encadrer le marché des billets d'occasion. Concrètement: vous pouviez aller déposer une annonce sur Flexfly pour votre Paris-Nice que vous avez payé 120 euros et attendre qu'une personne intéressée vous l'achète. Air France émettant alors le billet au nom de l'acquéreur. 

Un bémol cependant, si le billet était vendu, le vendeur ne rentrait pas dans ses frais. Flexfly ne lui versera que 50% du prix du billet, soit 60 euros dans l'exemple du Paris-Nice à 120 euros. C'est une compensation, ou comme écrit Air France une "récompense". Car la compagnie récupère une partie de la transaction. Mais l'acquéreur est également gagnant puisque ce billet "d'occasion" reste systématiquement moins cher que celui qu'il achèterait sur le site aux mêmes dates et mêmes horaires. L'économie ne dépasse jamais 50% et se situe le plus souvent aux alentours de 25%.

Une première pour Air France

Le site lancé discrètement en juin a été testé durant quelques mois. "Cette phase d'expérimentation touche à sa fin et nous étudierons prochainement l'intérêt de cette plateforme avant tout déploiement", indique Air France. Si la compagnie française décide finalement de le lancer, ce serait une première au niveau mondial. 

En revanche de nombreuses compagnies low-cost autorisent leurs passagers à changer le nom figurant sur le billet. C’est une option évidemment payante qui ne dépend pas du prix payé initialement par le passager. Et cela coûte cher. Pour un aller-retour, c’est 56 euros chez EasyJet si on le fait 60 jours avant le départ et cela peut atteindre 200 euros pour un long courrier sur Norwegian. Et d'autres compagnies font même payer un surcoût supplémentaire si au moment du changement de nom, les billets pour le vol concerné sont vendus plus cher sur leur site. Le surcoût peut donc largement dépasser le prix du billet.

Tous frais confondus, même s'il trouve un acquéreur potentiel en utilisant des sites de petites annonces, le passager qui revend un billet peut difficilement récupérer la moitié de son prix initial. Mais c'est logique: aucune compagnie n'a intérêt à ce que la revente de billets soit une opération lucrative. Leur prix augmentant en fonction du taux de remplissage d'un avion, il serait dangereux de laisser des petits malins acheter des billets lorsqu'ils sont bon marché pour les revendre plus tard lorsque les tarifs sont bien plus élevés.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco