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Les salariés de Tati veulent que les offres de reprise soient relevées

Tati compte 140 magasins

Tati compte 140 magasins - Joël Saget - AFP

Les représentants du personnel jugent les propositions trop "basses" et vont demander au tribunal de commerce de prolonger le délai pour que les repreneurs puissent muscler leurs offres.

Les représentants des salariés de Tati devaient refuser de se prononcer vendredi après-midi sur les offres de reprise, jugées trop "basses", et vont demander lundi au tribunal de commerce un délai pour que les repreneurs améliorent leurs offres, a indiqué à l'AFP la CGT, premier syndicat.

Les trois comités d'entreprise des sociétés composant le pôle Agora Distribution (groupe Eram) étaient réunis vendredi pour rendre un avis - consultatif - sur ces offres, avant l'audience de lundi. 

Agora Distribution, qui regroupe les enseignes Tati, Fabio Lucci, Gigastore et Degrif'Mania (140 magasins au total), a été placé en redressement judiciaire le 4 mai.

Le personnel a "une valeur"

Selon Céline Carlen, de la CGT-commerce de Paris, le Comité d'entreprise de Tati-Lilnat, qui rassemble les magasins Tati et 1.300 des 1.700 salariés du pôle, "va refuser de se prononcer sur les trois offres de reprise" et "demande qu'elles soient revues à la hausse. Ils ne peuvent pas accepter qu'on les rachète à si bas prix".

"Les emplacements qu'ils veulent reprendre ont une valeur, de même que les personnels formés ont une valeur", a-t-elle ajouté, précisant que la CGT est le premier syndicat dans cette entité (46%).

Trois offres sont sur la table: celle d'un consortium de cinq enseignes (dont la Foir'Fouille) et celle du groupe GPG (Gifi), qui proposent tous deux de reprendre environ 1.300 salariés et respectivement 95 et 120 magasins du groupe Agora (dont 93 détenus en propre et 27 franchisés pour GPG). La troisième offre émanant de Babou ne porte que sur 6 magasins.

Financer le PSE

"Le CE va demander lundi au tribunal de commerce de laisser un temps supplémentaire pour que les repreneurs améliorent leurs offres", une motion doit être votée en ce sens dans l'après-midi, précise Céline Carlen.

Une remontée des offres pourrait "servir à financer une partie" du Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) prévu parallèlement, et que la CGT n'avait pas l'intention d'accompagner de sa signature, jugeant les mesures très insuffisantes.

Par ailleurs, l'offre complémentaire de Dépôt Bingo, sous-traitant de Tati, qui a rejoint cette semaine le consortium "ne devrait pas être retenue", car présentée "hors délai", selon la représentante CGT.

Le CE de Vetura (Fabio Lucci) était en cours et celui d'Agora devait démarrer à 16h00.

J.M. avec AFP