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Le cognac pas près de détrôner le whisky

Le whisky, en Ecosse, représente 40.000 emplois directs et indirects.

Le whisky, en Ecosse, représente 40.000 emplois directs et indirects. - Derek Blair - AFP

En pleine expansion, les exportations de whisky devraient continuer à croître fortement selon une étude récente. Alors que les distilleries écossaises jubilent, les professionnels français du cognac font un peu grise mine.

L'économie britannique peut se sentir soulagée. Si l'indépendance de l'Ecosse avait été approuvée, la Perfide Albion aurait dû renoncer à un véritable pactole. L'industrie du whisky représente en effet près de 7 milliards d'euros pour l'économie britannique chaque année. Et cela n'est pas prêt de s'arrêter.

Des millions de bouteilles de whisky écossais sont vendues dans le monde chaque année, d'après un rapport diffusé par la Scotch Whisky Association. Les revenus générés directement par les fabricants du spiritueux représentent 3,3 milliards de livres (4,4 milliards d'euros), et 1,8 milliard supplémentaire (2,4 milliards d'euros) sont produits par la chaîne d'approvisionnement et de distribution (fabrication des bouteilles et des tonneaux, énergie nécessaire à la production, transport et vente, etc.).

Environ 10.900 personnes travaillent dans les distilleries et dans les unités d'embouteillage du whisky. Une activité qui soutient quelque 30.000 emplois indirects supplémentaires. Les ventes de whisky représentent aussi les trois-quarts des exportations alimentaires écossaises. Exporté à 90%, le whisky représente 20% des ressources extérieures de l'Écosse, tour juste derrière le pétrole.

Le whisky joue sur la mode des cocktails

Et ce spiritueux a encore de beaux jours devant lui. Une étude réalisée par l'Institut Wine and Spirit Research pour le salon Vinexpo montre que le marché du whisky est celui qui devrait bénéficier des plus fortes marges de progression dans les années à venir. Il devrait avancer de près de 9% d'ici 2018 et celui du Bourbon de 19%.

"La consommation tendance des cinq prochaines années portera sur les whiskies et bourbons, car ils ont su apporter beaucoup d'innovation dans leur offre", a déclaré à Reuters Guillaume Deglise, directeur général de Vinexpo.

Ces alcools jouent sur la mode des cocktails, des soirées dans les bars aux offres abondantes. Ce mode de consommation, autour de barmans qui sont rebaptisés "mixologistes" pour les plus talentueux, s'est largement mondialisé. Il séduit dorénavant une clientèle plus jeune et plus féminine. Mais surtout, il profite d'un relatif désamour du cognac. Ce spiritueux est notamment mis à mal depuis deux ans par les mesures anti-corruption imposées par les autorités chinoises. En août dernier, le Bureau national interprofessionnel du cognac avait reconnu une baisse des ventes sur un an, de 6,7% en volume et de 10,2% en valeur, sur la période 2013/2014. Tout en insistant sur le fait qu'elles affichaient encore leur troisième meilleur niveau historique : 2,2 milliards d'euros.

Diane Lacaze