BFM Business

La pénurie de vélos neufs profite aux ventes d'occasion, mais gare aux arnaques

Acheter un vélo d'occasion nécessite de prendre quelques précautions

Acheter un vélo d'occasion nécessite de prendre quelques précautions - AFP

Les vélos neufs se font rares et leurs prix augmentent, des arguments qui incitent à acheter des modèles d'occasion en prenant garde de ne pas se faire refiler un tromblon ou le fruit d'un vol.

Trouver un vélo dans l'heure et le payer moins cher qu'en magasin? C'est possible, malgré la tension sur l'industrie qui est affectée par une pénurie qui provoque des augmentations de prix du fait de la hausse des coûts de transport et des matières premières. Cette situation devrait durer jusqu'en 2022. Comment obtenir rapidement un vélo au meilleur tarif? En achetant un modèle d'occasion. On trouve des milliers d'annonces sur des plateformes comme Leboncoin ou Troc Vélo.

Si ces réseaux ont toujours été dynamiques, mais aujourd'hui les annonces s'envolent littéralement avec la pénurie qui contraint d'attendre parfois plusieurs mois pour obtenir un modèle neuf.

Selon une étude réalisée pour Troc Vélo*, plateforme détenue par AllTricks filiale de Décathlon, 40% des répondants disent qu'ils privilégieront un modèle d'occasion. Près de la moitié d'entre eux va opter pour un vélo à assistance électrique. Pas très loin derrière, les VTT (34%) et les vélos de ville (32%).

Ce choix repose sur de multiples raisons, financière, écoresponsable, mais aussi contextuelle. En effet, plus d'une personne sur deux s'oriente vers l'occasion du fait de la pénurie de vélos neufs. "Les lenteurs de production actuelles sur les vélos neufs bénéficient au marché de l’occasion", indiquent les auteurs de l'étude.

Mais cette filière doit encore convaincre. Près de 60% des personnes interrogées craignent les vices cachés, près d'une sur deux se méfie des arnaques et un tiers d'entre elles redoute d'acheter un vélo volé.

Recéleur à l'insu de son plein gré

Les arnaques sont évitées avec l'appui d'Obvy. Cette société spécialisée dans la sécurisation de paiement sur les sites d’occasion travaille également avec Leboncoin. Et pour éviter de devenir recéleur à l'insu de son plein gré, Troc Vélo a créé une équipe d'experts pour modérer les annonces, surveiller les nouvelles inscriptions.

"Cette première action nous permet de supprimer la majorité des annonces frauduleuses. Nous avons également réussi à déterminer les catégories de produits les plus sensibles, pour lesquels la modération est réalisée au cas par cas", a expliqué à BFM Business, Chloé Lépany, responsable du secteur occasion d'Alltricks.

La plateforme invite aussi les utilisateurs à renseigner le numéro de marquage de leur vélo. Mais elle va plus loin avec une fonction "Alerte vélo volé".

"Elle permet à un utilisateur s’étant fait voler son vélo de mettre en ligne une annonce avec les caractéristiques de son vélo ainsi que des photos et la localisation. Nos modérateurs avertissent aussitôt la communauté Troc-Vélo", indique Chloé Lépany.

Les acheteurs peuvent aussi détecter d'eux-mêmes les annonces louches et les vendeurs pas très nets. D'abord en n'étant pas naïfs. Un prix trop bas pour un vélo qui a de la valeur est un indice. Il est aussi conseillé d'échanger avec le vendeur et de lui demander une facture d'achat ou de rédiger un acte de vente. La réaction du vendeur sera décisive.

Un marquage du vélo (Bicycode ou Paravol) permettra d'autre part de rassurer l'acheteur. Depuis cet été, il est obligatoire pour les vélos d'occasion vendus par des professionnels, mais ne l'est pas pour ceux vendus entre particuliers. Chaque jour en France, plus d'un millier de vélos sont volés, soit 400.000 par an. Ces chiffres font de la France, le 4ème pays d'Europe en termes de vol de vélos.

* Sondage effectué en ligne par Diffusis France pour Alltricks et Obvy entre le 11 et le 18 juin 2021 auprès d’un échantillon de 1257 personnes représentatif de la population nationale française selon la méthode des quotas.

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco