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Fleur Pellerin se dit attentive à la reprise des actifs de Virgin

Virgin Megastore, plombé par la concurrence déloyale d'Amazon ?

Virgin Megastore, plombé par la concurrence déloyale d'Amazon ? - -

La ministre de l’Economie numérique a déclaré sur BFM TV que, si le gouvernement ne peut critiquer la stratégie d’un acteur privé, il sera attentif au sort des 1000 salariés de l’enseigne de biens culturels.

Les ministres se penchent sur le chevet de Virgin Megastore, sur le point de déposer le bilan. "On assiste au bouleversement des modes de consommation de la culture, qui se déplacent vers le numérique, et il est difficile pour les acteurs de s’adapter ", a reconnu Fleur Pellerin, ce lundi 7 janvier sur BFM TV. Mais elle ne partage pas les déclarations de la ministre de la Culture, Aurelie Filippetti, qui a pointé du doigt les "années de choix stratégiques contestables" de l’entreprise, lors d'une rencontre ce même jour avec l'intersyndicale du groupe.

"Ce n’est pas au gouvernement de qualifier la stratégie commerciale d’un acteur privé. En revanche, nous serons attentif au sort des salariés, qui peuvent être touchés par un plan social",a indiqué la ministre de l’Economie numérique. La chaîne de biens culturels, détenue par Butler Capital Partners, emploie 1000 personnes. Elle a également indiqué qu’elle veillera à la reprise des actifs de Virgin Megastore, qui est à la tête de 26 magasins en France.

Remettre à plat la fiscalité appliquée aux acteurs du numérique

En fait, c’est tout le secteur du commerce traditionnel de biens culturels qui traverse une mauvaise passe. La Fnac, sans connaître une position aussi critique que Virgin, cherche aussi à se réinventer. Ces chaînes de magasins doivent en effet faire face à la concurrence d’acteurs en ligne qui ne doivent pas supporter les mêmes charges.

Ces géants du net, dont le siège social n’est pas installé en France, profitent ainsi d’une fiscalité avantageuse. Ainsi Amazon, qui a réalisé plus de 889 millions de chiffres d'affaires en France en 2011, s'est acquitté de seulement 3,3 millions d'impôt. Si il avait été situé en France, il aurat dû payer 6 à 15 millions d'euros d'impôts sur les bénéfices.

Une différence que la ministre de l’Economie numérique compte bien remettre à plat. "Il faut trouver des solutions innovantes en terme de fiscalité, j’ai d’ailleurs constitué une mission qui doit me rendre ses conclusions prochainement » a-t-elle expliqué.

"Notre fiscalité n’est plus adaptée à l’économie numérique et aux transactions dématérialisées. Il faut trouver des solutions pour rattacher ces flux immatériels à des territoires", a conclut la ministre, en précisant que la France n’était pas le seul pays à s’agacer de la situation.

Coralie Cathelinais