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Attaques contre le Black Friday: "c'est hallucinant, c'est ridicule", assène François Momboisse (Fevad)

Invité sur BFM Business, le président de la Fédération des entreprises de vente à distance revient sur les critiques, notamment au sein du gouvernement, contre cet événement commercial.

Quand la fête commerciale tourne à la polémique. Le Black Friday qui débute ce vendredi en France, sorte de soldes avant les soldes, suscite d'importants débats. Au sein du gouvernement, c'est la division: Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, salue cette opération promotionnelle qui va doper le commerce tandis qu'Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, fustige sur BFM Business cette "frénésie" qui incite à acheter des produits dont on n'a pas besoin.

Même division au sein des commerçants: si la plupart se lancent tête baissée, d'autres comme la Camif ont décidé de s'en passer. La réaction de François Momboisse, président de la Fédération des entreprises de vente à distance (Fevad), était attendue. Invité ce mercredi de Good Morning Business sur BFM Business, le responsable ne cache pas sa colère.

"C'est hallucinant, il y a beaucoup de périodes de promotions dans l'année qui sont mieux pour les petits commerces car les petits commerces n'ont pas la masse marketing pour attirer les gens tous seuls. Donc il y a Noël, les soldes et, depuis quelques années, il y a le Black Friday, qui est arrivé discrètement par Amazon c'est vrai, qui a été pris par le e-commerce, les commerçants, tout le monde s'occupe du Black Friday maintenant. Et cette promotion là, spécialement, serait vecteur de frénésie. C'est ridicule", assène-t-il.

Le vote d'un amendement très hostile au Black Friday à l'Assemblée nationale ulcère le responsable: "c'est une déconnexion entre les députés et la vraie vie. Dans la vraie vie, le Black Friday ça sert aux gens à anticiper les achats de Noël. Les vrais gens, ils ont une liste de cadeaux de Noël à faire et puis il répartissent les achats entre novembre et décembre et grâce au Black Friday, il y a la moitié des achats qui sont faits sur novembre. Le Black Friday a lissé les achats de Noël". Et de trancher: "les gens n'ont pas du pouvoir d'achat pour acheter des produits dont ils n'ont pas besoin".

"Pas au gouvernement d'imposer des modes de consommation"

La vente à distance en général et le Black Friday en particulier sont aussi attaqués pour leur impact sur l'environnement (notamment à cause des livraisons en ville). "C'est ridicule", répète François Momboisse. "C'est comme si on disait que manger une pizza, il faut les manger dans un magasin et pas les commander sur Internet ou par téléphone. Il y a un mouvement qui fait que dans tous les pays du monde, les gens achètent sur internet, ils ont le choix. Soit ils achètent sur internet, soit en magasin. C'est une facilité pour le consommateur et c'est un mouvement inexorable. Donc si on met des taxes ici ou là, ça ne va rien changer. Les gros vont payer la taxe mais les petits, les start-up françaises, vont avoir des soucis". Et de poursuivre: "ce n'est pas au gouvernement d'imposer des modes de consommation, c'est d'un autre âge".

Une partie du gouvernement s'offre-t-il un vernis écolo en attaquant de la sorte le Black Friday? "C'est possible", répond le responsable. "Mais c'est un peu bizarre. Si Madame Borne veut prendre une mesure pour lutter contre le réchauffement de la planète, il ne faut pas fermer Fessenheim"...

Olivier Chicheportiche