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Et si on louait un van pour les vacances du déconfinement?

Avec les précautions à prendre pendant le déconfinement progressif en France, le grand public se tourne vers les vans.

Avec les précautions à prendre pendant le déconfinement progressif en France, le grand public se tourne vers les vans. - Zelectric Motors

Cette année plus que les autres, le van permet d'envisager des vacances en toute liberté. Les loueurs et les sites de particulier à particulier font face à un afflux de demandes actuellement.

La France va-t-elle se mettre au van pour les vacances? Loin du public d'habitués, les loueurs font actuellement face à un afflux de demande depuis le début du déconfinement pour ces fourgonettes plus ou moins aménagées, qui n'exigent qu'un simple permis B (voir encadré ci-dessous), 

"On reçoit près de trente appels au quotidien depuis quelques jours, c'est du jamais-vu, nous explique Jean-Philippe Ferton, responsable de l'agence Van-Away de Toulouse (Haute-Garonne).

Ce loueur professionnel dispose d'un total de quinze agences en France et une en outre-mer, toutes mobilisées pour répondre à la forte demande actuelle.

"On continue à avoir beaucoup d'annulations pour les locations longues durées qui étaient prévues cet été pour de longs séjours à l'étranger mais, depuis le début du déconfinement, on a aussi de nouvelles demandes, surtout pour de cours séjours en France, en particulier pour le week-end de l'Ascension et le suivant de la Pentecôte", poursuit Jean-Philippe Ferton. 

Louer à un pro ou à un particulier

A Paris, le loueur We-Van, qui dispose d'une quinzaine d'agences en France, croule aussi sous les demandes, une situation inédite par son ampleur.

"Nous enregistrons un grand nombre de réservations depuis le 18 mai, pour des week-ends mais aussi pour des séjours plus longs cet été", indique Adrien Danet, directeur adjoint de l'agence We-Van de Paris.

Le budget dépend évidemment du modèle et de la période. Il faut selon lui prévoir 250 à 300 euros pour un week-end (hors carburant) et 1000 à 1200 euros la semaine.

Chez d'autres loueurs, on peut trouver un van relativement basique à partir de 800 euros pour une semaine en pleine saison, juillet-août, et à partir de 500 euros pour le mois de juin. 

On peut également se tourner vers la location entre particuliers, avec des annonces sur les plateformes bien connues comme Le Bon Coin ou Airbnb. Mais il existe aussi des sites spécialisés, comme Yescapa, où on retrouve de nombreuses offres de vans, "campervans" et camping-cars divers et variés. Là aussi, le succès est au rendez-vous. 

"Depuis le lundi de Pâques, le 13 avril dernier, nous avions une explosion des visites sur notre site, traduisant une certaine envie d'évasion, et cela s'est concrétisé par une forte hausse des réservations depuis le 11 mai", note Julie Da Vara, directrice des opérations de Yescapa.

Face aux incertitudes quant aux règles de déplacement cet été, beaucoup de Français et de Franciliens pourraient miser sur les vacances locales, un road-trip dans leur région.

Les conditions de voyage comme de bivouac dans un van peuvent être perçues comme spartiates, avec une douchette extérieure en option sur certains modèles. Mais ce côté nature fait clairement partie de l'expérience recherchée par les utilisateurs.

Le camping-car, moins accessible

Pour un peu plus de confort, les camping-cars peuvent disposer d'une mini salle de bain et d'un cabinet de toilette à l'intérieur. Le budget se montre cependant plus élevé et les conditions d'accès plus contraintes. Pour conduire un camping-car, il faut rester dans la limite des 3,5 tonnes de PTAC, sinon au-delà il faut disposer d'un permis C ou C1. Un obstacle à une location rapide. Côté lieu de couchage, la liberté reste quasi-totale, comme le rappelle Adrien Danet de We-Van:

"En France, le camping sauvage reste autorisé à partir du moment où il n'est pas interdit par un arrêté pour la protection de la nature dans les parcs régionaux par exemple, ou qu'on se trouve sur une propriété privée."

Précautions face au covid

Alors que le coronavirus continue à circuler, le van fait surtout figure de moyen idéal pour des vacances déconfinées mais sans prendre trop de risques.

"Les gens se rabattent sur ce moyen de transport pour s'isoler et fuir d'une certaine manière le tourisme de masse. Avec l'incertitude sur les clubs de vacances et les séjours plus traditionnels, c'est l'idéal pour se balader en France actuellement", résume Jean-Philippe Ferton de Van-Away.

Tous les loueurs ont pris des mesures pour renforcer les précautions et le nettoyage de leurs véhicules.

Chez Yescapa, les particuliers qui louent leur van sont invités à respecter un nouveau protocole sanitaire, avec une étape de la préparation du véhicule consacrée à la désinfection. De surcroît, les annulations sont plus flexibles.

D'autres loueurs garantissent de leur côté la mise à disposition d'avoirs utilisables dans les 18 mois. De quoi se lancer dans l'aventure des vacances en van sans trop de risque de faire les frais d'une annulation contrainte et forcée par le contexte actuel. 

Un simple permis B permet de prendre le volant de la plupart des camionnettes et autres camping-cars du marché, à partir du moment où ces véhicules font moins de 3,5 tonnes. Pour s'en assurer, il faut bien regarder le PTAC, le poids total autorisé en charge, du véhicule. Les conditions d'assurance fixent en général l'âge minimum du conducteur à 23 ans, avec trois ans d'antécédents de permis. Ces critères peu restrictifs expliquent la ruée actuelle sur ces véhicules.

Julien Bonnet