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Vie privée: pourquoi des start-up françaises s’attaquent à Apple

L'iPhone 12 d'Apple

L'iPhone 12 d'Apple - Apple

Une organisation regroupant 2.000 start-up attaque Apple sur le volet du respect de la vie privée. Une action liée à de nouvelles contraintes dans le domaine, qu’Apple fera peser sur ces entreprises.

Après Facebook, c’est au tour de centaines d’entreprises françaises de s’attaquer à Apple. Dans une plainte transmise à BFMTV et adressée à la Commission nationale de l'informatique et des libertés de France (CNIL), l’association France Digitale accuse l’entreprise californienne d’activer par défaut l’option de ciblage publicitaire sur iPhone (qu’il est possible de désactiver dans les paramètres de confidentialité). Pour France Digitale, cette activation automatique est illégale, car non conforme au RGPD, le règlement européen sur la protection des données personnelles.

Tentative “de diversion”

“Les allégations de cette plainte sont clairement fausses et doivent être perçues pour ce qu’elles sont: une pâle tentative par ceux qui pistent les utilisateurs de détourner l’attention de leurs propres actions et de faire diversion auprès des régulateurs et du législateur” se défend Apple, auprès de BFMTV.

Dans sa défense, Apple fait référence à une nouvelle fonction de protection de la vie privée intégrée à ses iPhone à partir du printemps 2021, avec l’arrivée d’iOS 14.5. Cette option, baptisée App Tracking Transparency (“transparence du suivi de l’application”), obligera toutes les applications souhaitant pister les utilisateurs à demander leur autorisation par le biais de l’apparition d’une notification.

Cette nouvelle contrainte, qui pourrait faire chuter les revenus des plateformes dont le fonctionnement est basé sur la collecte d’informations personnelles, a généré d’importantes tensions entre Apple et les responsables de ces applications, à commencer par Facebook. Des tensions qui gagnent désormais l’écosystème français, avec la plainte de France Digitale.

Là encore, Apple se défend de tout traitement différentiel, assurant à BFMTV appliquer à ses propres applications les mêmes exigences qu’aux applications tierces. L’entreprise rappelle que la notification liée au pistage publicitaire s’appliquera à tous les développeurs, y compris Apple, contrairement à ce qui est précisé dans la plainte de France Digitale.

Le lobby français n'en est pas à son coup d'essai contre Apple. Début février, France Digitale a rejoint la Coalition For App Fairness pour lutter contre le monopole d'Apple sur sa plateforme, App Store. En ligne de mire, les 30% de commission prélevés sur le prix des applications et les services d’abonnement, jugés prohibitifs par certains développeurs.

Raphaël Grably et Elsa Trujillo