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Vingt ans après leur sortie, Les Sims ont marqué toute une génération 

Deux décennies après la sortie du tout premier jeu Les Sims, un nouvel opus est en préparation et l'engouement des fans ne faiblit pas. La raison du succès? Une aventure aux possibilités infinies, dont on ne peut pas se lasser.

Un personnage à son image ou un extraterrestre, une demeure luxueuse ou une maison modeste, un conjoint, des enfants, un animal de compagnie, des amis… Les possibilités sont quasiment infinies. Depuis vingt ans, un jeu offre à des millions de personnes la possibilité de se créer une seconde vie, derrière leur écran.

1,6 milliard de Sims créés en 20 ans 

La franchise Les Sims, composée de quatre jeux, a marqué plusieurs générations. A l’origine de ce projet fou, un certain Will Wright. Dans les années 90, cet Américain crée un jeu de construction de ville devenu culte, SimCity. La légende veut qu’en 1991, sa maison brûle, le poussant à réfléchir à la construction et à la décoration de son nouveau foyer. L’idée d’un nouveau jeu serait née et après plusieurs années de travail, la dimension “simulation de vie” de personnages virtuels s’y est ajoutée. 

Les chiffres publiés par l’éditeur Electronic Arts à l’occasion de la date anniversaire du 4 janvier témoignent de la popularité du jeu. En deux décennies, 1,6 milliard de Sims ont été créés, 1,3 milliard de séances de “crac-crac” - comprenez "parties de jambes en l’air" - ont eu lieu, menant à 37 millions de mariages et quelque 173.000 bambins. 

"Construisez la maison idéale" 

Sur YouTube, des chaînes entières sont dédiées à l'univers du jeu, comme celle de BellePinte, une Belge de 26 ans. Sa première rencontre avec les Sims remonte à ses 13 ans mais ce n'est qu'il y a un an qu’elle a décidé de s’y consacrer pleinement. 

"En 2017, j'ai acheté Les Sims 4 mais c'est un opus que j'ai boudé très longtemps. D'ailleurs, j'ai tellement détesté jouer avec les personnages que je me suis tournée vers autre chose. Je n'avais presque jamais construit sur le jeu et là, j'ai découvert un outil ultra abouti", raconte la youtubeuse. 

Son crédo: la construction, l'un des piliers du jeu. Sur sa chaîne qui compte 46.000 abonnés, elle dévoile des châteaux à 2 millions de simflouz (la monnaie virtuelle des Sims) ou des analyses sur les nouveautés à venir grâce à son statut de EA Game Changers, qui lui permet de recevoir les jeux en avance. Chaque vidéo lui demande entre 10 et 30 heures de travail.

"Ce n'est pas rentable, mais je m'amuse beaucoup et j'ai le cerveau en perpétuelle ébullition !", relativise la vidéaste belge. 

Un jeu aux possibilités infinies 

Pour Noémie, à la tête de la chaîne NS qui compte 145.000 abonnés, le succès du jeu s'explique par l'absence de règles. 

“Tous les joueurs jouent différemment. Le fait qu'il n'y ait pas de but précis éveille la créativité. On cherche un objectif et on joue pour l'atteindre. Quand on s'en lasse, on peut en trouver un autre. On découvre alors une autre facette du jeu, que ce soit dans la création de personnage, de maison ou d'histoire. C'est ce qui fait que j'y joue encore aujourd'hui”, explique l’étudiante à l’École supérieure de réalisation audiovisuelle (Esra). 

Le jeu de simulation est volontairement réaliste. Il faut composer avec le travail des adultes, l'école des enfants, les envies d'aller aux toilettes, de manger ou de dormir des personnages. 

“Certains aspects sont très recherchés et les développeurs s'inspirent de beaucoup de cultures pour que le jeu ressemble au plus de joueurs. Mais il reste des interactions complètement folles, même s'il ne suffit plus d'enlever l'échelle [de la piscine, ndlr] pour noyer nos personnages… Il fallait bien qu'ils apprennent à remonter par le bord en 20 ans!”, s’amuse Noémie. 

La dimension sadique du jeu a d'ailleurs participé à sa popularité. Sur le forum Reddit, des internautes s’étaient amusés à lister les pires choses qu’ils avaient fait subir à leurs Sims: enlever la porte et les laisser mourir, les transformer en esclaves, créer une veuve noire… Des tutoriels baptisés "Comment tuer un Sims facilement" existent d'ailleurs sur YouTube. 

Un jeu féminin?

Sur la plateforme vidéo appartenant à Google, les vidéastes spécialistes des Sims sont souvent des femmes. Est-ce pour autant un jeu pour les filles?

"J'ai souvent entendu dire que c'était un jeu facile, voire que ce n'était pas un vrai jeu vidéo. Mais pour moi, les gens qui disent ça n'ont pas assez de créativité pour se créer des contraintes et se fixer des objectifs. C'est sûrement plus facile de jouer à un jeu où tout est prédéfini que de devoir se creuser la tête pour créer notre propre manière de jouer", tacle Noémie.

Le cinquième volet des Sims est en préparation, a confirmé cette semaine Andrew Wilson, le PDG d'Electronic Arts. Mais il n'a annoncé aucune date de sortie. 

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech