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SNCF: la vidéosurveillance intelligente pour détecter les comportements suspects

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- - Jean-Louis Zimmermann (Flickr/Creative Commons)

À la suite des attentats, la SNCF expérimente des logiciels permettant d'isoler dans une foule un terroriste potentiel.

Un homme qui transpire, une femme qui se déplace à contre-sens dans une foule, un groupe de personnes qui effectuent des gestes inhabituels… Bientôt, les usagers de la SNCF seront peut-être scrutés en permanence pour détecter, chez eux, un risque potentiel. L'entreprise ferroviaire vient en effet de révéler qu’elle testait de nouvelles technologies pour détecter les comportements ou les bagages suspects, a t-elle expliqué mercredi à l'AFP.

40.000 caméras de surveillance

Face au "caractère exceptionnel" de la menace terroriste après les attentats de Paris, la SNCF teste par exemple un logiciel d'analyse comportementale qui pourrait être intégré à ses 40.000 caméras de surveillance, a détaillé le secrétaire général de l'entreprise publique Stéphane Volant. Il est fondé "sur le changement de température corporelle, le haussement de la voix ou le caractère saccadé de gestes qui peuvent montrer une certaine anxiété", a-t-il décrit. Le dirigeant souligne que l'expérimentation en cours dans plusieurs gares est réalisée "en conformité avec la loi et sous le contrôle de la Commission nationale de l'information et des libertés (CNIL)".

"On teste pour savoir si ça n'identifie que les gens qui ont une intention négative, un agresseur, ou un tripoteur, mais aussi l'acceptabilité sociale", pour voir si les voyageurs sont prêts à accepter de telles technologies, une fois l'état d'urgence levé. Des caméras qui détectent des colis suspects car restés trop longtemps au sol sont aussi en cours d'expérimentation.

Des agents avec caméras portatives

La SNCF s'interroge également sur la possibilité d'équiper ses agents de caméras portatives. Elles pourraient à la fois identifier les fraudes ou les comportements suspects, mais aussi, si nécessaire, vérifier a posteriori la conformité de l'action des agents avec le code d'éthique et de déontologie de la SNCF et la loi. Au printemps, une application devrait être lancée pour permettre aux voyageurs de lancer l'alerte à partir de leurs smartphones en cas de comportements suspects.

Toutes ces expérimentations technologiques ne sont pas si nouvelles que cela. En 2013, la RATP a testé, elle aussi, des "algorithmes de traçage de personnes et de détection de comportements suspects", comme cela est indiqué dans une délibération de la CNIL. Cette infrastructure expérimentale a été mise en place dans le cadre d'un projet européen baptisé Secur-ED, dans lequel la SNCF était également partie prenante. Coordonné par Thales, il visait à développer des technologies de surveillance intelligente pour les moyens de transports urbains.

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GK avec AFP