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L’ONU condamne fermement les pays qui coupent ou censurent l’accès à Internet

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- - Le symbole de l'ONU - Illustration

Au cours des six premiers mois de 2016, il y a eu plus de coupures d’Internet opérées par des Etats pour censurer un événement que pendant toute l’année 2015. Les Nations Unies sont donc sorties de leur silence pour rappeler les bases de nos libertés.

Alors que les droits numériques des citoyens du monde sont reconnus depuis 2012, ces derniers sont très régulièrement bafoués. Au point que les Nations Unies ont pris la peine de voter une résolution vendredi dernier condamnant les pays qui limitent ou interrompent l’accès à Internet. Ce texte « condamne sans équivoque les mesures prises intentionnellement pour empêcher ou interdire l’accès aux informations ou la propagation de celles-ci en ligne ». Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU continue sa condamnation par un appel « à tous les Etats pour qu’ils cessent » de telles pratiques.

Et la situation est préoccupante. Alors qu’en 2015, le groupe Access Now de l’ONU, qui vise à surveiller le respect de droits numériques, relevait au moins 15 coupures d’Internet dans le monde, le chiffre pour les six premiers mois de l’année 2016 est déjà de 20 interruptions.

De plus en plus de gouvernements recourent à ces pratiques pour contrôler l’information ou limiter les communications entre les citoyens de leur pays. Alors que la Turquie était plongée dans l’horreur des attentats dans l’aéroport d’Istanbul et que les survivants se tournaient vers Internet pour communiquer avec leur famille, notamment en utilisant Facebook pour signifier qu’ils étaient encore en vie, le gouvernement turc a décidé de bloquer les réseaux sociaux.

En agissant de la sorte, il a violé mes droits numériques de ses citoyens que l’ONU a largement rappelé dans sa résolution. Elle condamne les Etats qui recourent à la violence ou à l’intimidation pour empêcher les citoyens « d’exercer leur droits et leurs libertés fondamentales sur Internet » et précise que les Internautes sont censés bénéficier des mêmes droits en ligne que hors ligne. Enfin, les Nations Unies en appellent à assurer la protection et la sécurité des Internautes, ce qui passe par le respect de la vie privée…

La résolution du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU n’impose hélas aucune obligation aux pays visés. Ce genre de documents sert surtout à permettre à l’opinion publique d’être sensibilisé et de faire pression… ce qui est efficace, quand l’information circule librement.