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Facebook nuit-il à la vie privée ?

La protection de la vie privée, une question récurrente à propos de Facebook.

La protection de la vie privée, une question récurrente à propos de Facebook. - -

Avec le présumé bug de lundi sur la publication d'anciens messages privés sur les timeline publiques de ses utilisateurs, Facebook est une nouvelle fois montré du doigt. Est-il vraiment nuisible et quels sont les moyens d'actions pour se protéger ? Bfmtv.com fait le point.

C'est un des principaux arguments des "anti-Facebook" : le respect de la vie privée. Facebook, à l'instar de Google, est souvent montré du doigt comme un nouveau "Big Brother". Le bug dont se défend Facebook sur la publication de vieux messages privés n'améliore pas l'image du réseau social aux 900 millions membres dans le monde. Ces critiques sont-elles justifiées ? Que peut-on y faire ?


• Quels antécédents ?

Facebook a été repris plusieurs fois sur la question de la vie privée de ses utilisateurs. En 2007, la firme de Mark Zuckerberg lance "Facebook Beacon". Cette fonction avait pour but d'utiliser les données personnelles des utilisateurs du réseau social pour cibler les publicités. Ce système prévoit également la publication automatique d'informations sur le profil des utilisateurs, par exemple lorsqu'ils effectuent un achat sur un site partenaire. Beacon sera finalement abandonné en 2009 après une plainte et une action collective de ces membres.

En 2008, une faille de sécurité rend publiques des vidéos privées. En 2010, l'affaire se répète. Cette fois-ci, ce sont les chats privés qui sont à la vue, en temps réel, des autres membres du réseau social. En 2011, un informaticien réussi à accéder à des photos privées. Facebook renforce alors encore un peu plus sa sécurité, défaillante.

Disponible en Europe depuis 2011, une fonction utilisait la reconnaissance faciale pour comparer des photos nouvellement mises en ligne avec d'anciennes photos, afin de suggérer le nom des personnes qui apparaissent sur les clichés et proposer ainsi aux utilisateurs de les identifier. Face aux critiiques, Facebook a indiqué mi-septembre avoir "accepté de suspendre" en Europe la reconnaissance faciale. Un nouveau pas en arrière.

Avec ce nouveau couac, lundi, le gouvernement est monté au créneau, notamment par la voix de la ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin :


• Quels moyens d'actions pour la CNIL ?

La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) a rapidement mesuré les dangers des réseaux sociaux. Elle vérifie la conformité de ceux-ci avec les droits français et européen. De même, elle émet des avis et fait pression sur les réseaux sociaux au moindre débordement.

Concernant le bug remarqué lundi, La CNIL a demandé à auditionner les gérants du réseau en France. Une audition qui faitsuite à la demande du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et de la ministre déléguée chargée des PME Fleur Pellerin.

Enfin, la CNIL met à disposition de nombreux tutoriels pour aider les membres des réseaux sociaux à se protéger et communique auprès du jeune public.

• Utilisateurs de Facebook : comment se protéger ?

En s'informant sur les évolutions du réseau social. Régulièrement, Facebook change ses paramètres de sécurité. Et donc les paramètres de confidentialité des données de ses membres. De nombreux articles et tutoriels sont disponibles pour reparamétrer son compte, comme pour le prétendu bug sur les messages privés.

Il est également possible de créer des listes rendant ainsi le contenu disponible à certains "amis" et non à d'autres. Un aperçu est également proposé. Le but : se mettre à la place d'un "amis" et voir ce qui lui est accessible.

Enfin, des actions collectives ont déjà fonctionné par le passé. Pression sur les dirigeants politiques, pétitions… la vigilance des utilisateurs de Facebook s'est déjà montrée fructueuse.