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Examens à distance: contre la triche, les universités tentées par la télésurveillance des étudiants

Plusieurs universités envisagent le recours à la télésurveillance pour mieux encadrer les examens à distance.

Plusieurs universités envisagent le recours à la télésurveillance pour mieux encadrer les examens à distance. - Pixabay

Afin de clore l'année malgré la crise sanitaire, l'Université Rennes 1 prévoit un système de télésurveillance pour ses examens de fin d'année. Ce dispositif est envisagé par d'autres universités.

En cette fin de confinement, et alors même que les gestes barrière devront être respectés pendant encore de longues semaines, voire de longs mois, les universités font face à un dilemme: comment éviter l'annulation pure et simple des examens de fin d'année, tout en dissipant les tentatives de triche et de fraude?

L'Université Rennes 1 a tranché: pour certains de ses étudiants, notamment en gestion, les examens se dérouleront bel et bien... mais à distance, et sous télésurveillance. "Vous serez peut-être amenés à composer en ligne grâce aux services d’une entreprise spécialisée dans la surveillance d’examen à distance", ont ainsi pu lire les étudiants de l'Université dans un mail reçu début avril, relève France Bleu.

Quelques épreuves spécifiques

Pour l'université, il s'agit d'assurer une surveillance aussi efficace qu'en conditions réelles. En scrutant la webcam des étudiants, les surveillants pourront ainsi s'assurer de leur identité et dénicher les tricheurs.

Le logiciel utilisé a été choisi pour permettre de repérer les recherches en ligne inappropriées, l'utilisation d'un second écran mais aussi la présence d'une personne tierce dans ce qui fera office de salle d'examen, à savoir le domicile actuel de chaque étudiant.

Le dispositif sera par ailleurs circonscrit à une centaine d'étudiants et à quelques épreuves seulement. Les épreuves ne seront pas non plus filmées en continu. Le système s'appuiera sur une capture aléatoire de photos, relate LCI.

De leur coté, plusieurs organisations syndicales étudiantes protestent contre l'utilisation de cette technologie et demandent l'annulation de toutes les épreuves, qui selon Solidaires "renforcent les inégalités entre étudiants".

Plusieurs universités réfléchissent à l'adoption de dispositifs similaires, pour limiter au maximum la triche lors de leurs examens à distance. D'après Vice, l'un des chargés de TD de l'Université Paris II Panthéon-Assas a notamment envisagé d'associer à ses épreuves en ligne l'accès aux messageries des boîtes mail et réseaux sociaux des étudiants, ainsi qu'un dispositif d'"eye-tracking".

Ce dernier permet, grâce au suivi du mouvement des yeux enregistré via une webcam, de suivre le regard d'un étudiant et de s'assurer qu'il ne consulte pas de documents ou de sites pouvant l'aider à améliorer sa note finale. Ce dispositif, onéreux, reste néanmoins pour l'heure hors de portée.

Dans leur fort intérêt pour la télésurveillance, les universités et grandes écoles sont adoubées par le Ministère de l'enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation. En mars dernier, ce dernier préconisait le recours à cette technologie, pour tout examen à distance, en imposant une règle spécifique. "Le travail de mise en place d’une télésurveillance à domicile engendre un traitement de données à caractère personnel et doit donc être établi conjointement avec le délégué à la protection des données personnelle de l’établissement en respect des contraintes de RGPD [Règlement général sur la protection des données, ndlr]." L'Université Rennes 1 invoque, elle, une solution pleinement respectueuse de ce règlement.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech