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Un député veut empêcher "les GAFA" de vendre des produits non-essentiels

Les livres représentent 5% du chiffre d'affaires d'Amazon en France et sont considérés comme des produits non-essentiels.

Les livres représentent 5% du chiffre d'affaires d'Amazon en France et sont considérés comme des produits non-essentiels. - Wikipedia

Le député Les Républicains Arnaud Viala veut par cette mesure limiter toute forme de "concurrence déloyale", alors que les petits commerces de produits non-essentiels sont fermés jusqu'à nouvel ordre.

Elles sont le dernier recours pour trouver des produits non-essentiels. Les plateformes en ligne, à l'image d'Amazon, restent très sollicitées en cette période de deuxième confinement. Quitte à profiter de la crise sanitaire, en enchaînant les livraisons, et alors même que les petits commerces font les frais d'une fermeture forcée.

Dans une question adressée au ministre de l'Economie, le député Arnaud Viala (Les Républicains) s'est enquis de la situation des indépendants et petits commerçants. Il demande dans ces conditions au gouvernement d'appliquer aux "sites internet des GAFA" les mêmes "restrictions sur la vente de biens non-essentiels".

"A l'approche des fêtes de fin d'année, les sites d'achat en ligne tels qu'Amazon vont être l'unique moyen pour les Français de réaliser leurs achats", souligne-t-il ainsi. Arnaud Viala voit en cette initiative le moyen d'éviter une "concurrence déloyale".

Toutes les grandes plateformes visées

Est-ce seulement réalisable ? Arnaud Viala ne détaille pas précisément la liste des plateformes qui pourraient être concernées. Parmi les principaux sites de e-commerce les plus populaires en France, figurent aux côtés du décrié Amazon le japonais Rakuten, mais aussi des sites français, dont CDiscount.

Contacté par BFM Tech, il estime que ces restrictions devraient en réalité s'appliquer à toutes les plateformes de vente en ligne. "Tous les sites qui ont un panel très large de produits non-essentiels doivent contribuer à l'effort que font actuellement les Français dans le cadre de ce nouveau confinement, et il faut aller au bout de la démarche déjà engagée", juge-t-il, en assurant que ces mesures de restriction sont "inévitables", en raison de "l'injustice flagrante" dont pâtissent les petits commerces. L'une des rares options pour se procurer ces produits non-essentiels serait donc de passer par la commande en drive ou en "call and collect" de supermarchés.

Arnaud Viala avance par ailleurs vouloir relancer "assidûment" le ministre de l'Economie sur la question. "Ces mesures auraient l'avantage énorme de restaurer l'image d'Amazon aux yeux des consommateurs français qui, même s'ils l'utilisent, ont souvent le sentiment que ces achats se font au détriment de notre économie", complète-t-il.

Un impératif sanitaire

La décision de fermer les petits commerces de produits non-essentiels tient à un impératif sanitaire: limiter au maximum les déplacements, pour limiter de la sorte la propagation de l'épidémie de Covid-19. Et, malgré un léger sursis, les supers et hypermarchés ont eu jusqu'à ce mercredi matin pour cesser la vente de ces mêmes produits "non essentiels" en libre-service. Parmi eux, le textile, les jouets, les livres ou encore les fleurs.

Parmi les autres initiatives visant GAFA, l'idée portée notamment par le député PS Olivier Faure d'une taxe exceptionnelle Covid sur les géants du e-commerce, qui serait versée à un fonds d’aide au commerce de proximité. Mais aussi celle du Conseil National des Centres Commerciaux, qui réclame une annulation du Black Friday dans l’Hexagone. Le tout pour ne pas léser les commerces dits "non essentiels", contraints de fermer leurs portes.

Invité sur BFMTV ce jeudi, le directeur général d’Amazon France a indiqué son souhait de maintenir un Black Friday sur Amazon, notamment pour permettre aux Français de faire "des économies". "Je ne vois pas pourquoi on priverait les Français de cette fête de promotion. Je ne vois pas pourquoi on priverait les entrepreneurs français et les fournisseurs français de cette manne qui est celle du Black Friday". Ce dernier, s'il est maintenu, devrait se tenir le vendredi 27 novembre.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech