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Uber, le franc-tireur de la tech américaine, officialise sa prochaine entrée en Bourse

En 2018, Uber a engrangé un chiffre d'affaires de 11,3 milliards de dollars (+42% sur un an) et un bénéfice net de près d'un milliard de dollars contre une perte de 4 milliards en 2017. Mais ce bénéfice est dû à des cessions d'activités à des concurrents en Russie et en Asie.

En 2018, Uber a engrangé un chiffre d'affaires de 11,3 milliards de dollars (+42% sur un an) et un bénéfice net de près d'un milliard de dollars contre une perte de 4 milliards en 2017. Mais ce bénéfice est dû à des cessions d'activités à des concurrents en Russie et en Asie. - Uber

Uber lance le coup d'envoi officiel de ce qui sera l'une des plus importantes entrées en Bourse de l'histoire, autour de 100 milliards de dollars. Le franc-tireur de la tech américaine qui a révolutionné le marché mondial des taxis, n'a jamais dégagé de bénéfices de son activité. Il devra à l'avenir rendre des comptes à ses futurs actionnaires.

Le groupe américain de VTC Uber a déposé son dossier d'introduction en Bourse auprès du gendarme américain des marchés boursiers, la SEC (Security exchange commission), mais sans encore préciser ses ambitions en terme de levée de fonds à cette occasion ni la date de sa première cotation, qui pourrait intervenir en mai 2019.

Selon des sources bancaires, Uber vise une valorisation -la valeur totale de l'entreprise en bourse calculée en multipliant le prix de l'action par le nombre de titres en circulation- proche de 100 milliards de dollars (89 milliards d'euros). Cette capitalisation boursière espérée est inférieur aux prévisions les plus optimistes qui circulaient jusque-là --autour de 120 milliards-- vraisemblablement à cause des déboires de son concurrent américain Lyft dont les premiers pas à Wall Street fin mars se sont révélés décevants.

L'entrée en Bourse, une revanche pour Uber ?

En tout état de cause, une entrée en Bourse d'une telle ampleur sonnerait comme une revanche pour Uber et une marque de confiance des marchés pour Dara Khosrowshahi, nommé en 2017 pour succéder au fondateur Travis Kalanick, poussé vers la sortie par des investisseurs inquiets des scandales.

Dans le document de référence remis aux autorités boursières américaines, Uber a donné des détails sur ses finances, avec un chiffre d'affaires en 2018 de 11,3 milliards de dollars (+42% sur un an) et un bénéfice net de près d'un milliard de dollars contre une perte de 4 milliards en 2017. Mais ce bénéfice est dû à des cessions d'activités à des concurrents en Russie et en Asie du Sud-Est, est-il précisé. La perte d'exploitation, qui reflète mieux la situation opérationnelle de la firme, était quant à elle d'1,8 milliard de dollars.

"En 10 ans, à mesure que les besoins et les préférences de nos clients ont changé, nous avons changé nous aussi. Aujourd'hui, nous devenons encore quelque chose de différent: une entreprise cotée", a écrit le patron du groupe Dara Khosrowshahi dans une lettre jointe au document boursier.

Uber a perdu 865 millions de dollars sur trois mois fin 2018

Jouissant d'une image positive à l'opposé de son sulfureux prédécesseur, l'actuel PDG d'Uber s'efforce d'assainir les finances d'un groupe qui a encore perdu 865 millions de dollars rien que sur les trois derniers mois de 2018.

Présent dans quelque 65 pays, Uber fait néanmoins toujours face à de gros défis, contesté par les taxis traditionnels ou poursuivi par des chauffeurs voulant se faire reconnaître comme salariés et non travailleurs indépendants. Uber a racheté récemment son concurrent au Moyen-Orient Careem et a lancé mercredi ses vélos et trottinettes Jump à Paris.

Malgré un modèle économique plus que fragile, le secteur attire énormément les investisseurs, qui misent sur les changements d'habitude des consommateurs, de plus en plus enclins à abandonner la voiture personnelle au profit de modes de déplacement partagés. Ils parient aussi sur la conduite autonome.

Frédéric Bergé avec AFP