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Les téléphones mobiles « low cost » pointent leurs antennes en France

Depuis peu, les Français peuvent se procurer des mobiles neufs à des tarifs très attractifs, comme le Motofone de Motorola ou le A100 du chinois Amoi, et sans engagement auprès d'un opérateur.

La Logan fait des émules, même dans le secteur de la téléphonie mobile. Les téléphones low cost, que l'on pensait exclusivement destinés aux pays émergents, font en effet une percée en Europe et notamment en France.

Ces modèles, commercialisés depuis quelques mois par le chinois Amoi et l'américain Motorola, sont dépourvus de tout raffinement. Exit l'appareil photo, le baladeur MP3, l'agenda ou les jeux sophistiqués. Mais ils ne coûtent que trente à quarante euros, fonctionnent sur n'importe quel réseau d'opérateur et sont vendus sans aucun piège. Car si l'on trouve des téléphones mobiles pour presque rien dans les boutiques (jusqu'à 1 euro), c'est généralement qu'ils s'accompagnent de conditions restrictives : période d'engagement (un an ou plus), verrouillage sur un réseau (ce qui nécessite un désimlockage)...

Avant l'été, l'Hexagone a ainsi vu arriver à la fois le Motofone, de l'américain Motorola, et le A100, du chinois Amoi, vendus « nus », sans aucun forfait ni carte prépayée. Il suffit d'y glisser sa carte SIM, quel que soit son opérateur, pour qu'ils fonctionnent. Dans les deux cas, il s'agit de mobiles qui se limitent au strict essentiel : téléphoner et envoyer ou recevoir des SMS.

Le Motofone était prévu à l'origine pour les pays émergents et donc conçu en conséquence (écran noir et blanc pour une consommation moindre, excellent contraste, deux antennes internes pour une meilleure réception, robustesse et légèreté...). Motorola le distribue désormais dans des pays comme la France, pour répondre à la demande de clients à la recherche d'un appareil design et très simple à utiliser.

Le A100 d'Amoi, lui, est arrivé en France en avril dernier, dans les rayons de Carrefour et d'Auchan, ainsi que sur le site de Cdiscount, par l'entremise de Logicom. Là encore, l'appareil se limite à l'essentiel. Seule vraie différence avec le Motofone : il est doté d'un écran couleur.

Un téléphone de secours

C'est Logicom qui le distribue exclusivement en France, une marque notamment connue pour ses téléphones fixes d'entrée de gamme. « En vendant le A100, nous nous sommes dit que nous pourrions banaliser le téléphone mobile, permettre aux gens de l'acheter par impulsion, explique une porte-parole de Logicom. A la base, nous voulions le vendre dans les hypermarchés, en libre-service dans des présentoirs. Nous avions prévu un packaging en ce sens. Mais les grandes enseignes n'ont pas souhaité que les gens puissent acheter ce modèle sans passer par leurs stands de téléphonie mobile. »

Pour Logicom, ce genre d'appareil est à même d'intéresser les réfractaires à la technologie ou ceux qui souhaitent emmener en voyage un modèle moins fragile et moins coûteux que celui qu'ils utilisent au quotidien. Un téléphone de secours en quelque sorte, comme on peut avoir une seconde paire de lunettes. « Nous avons l'impression qu'il y a une demande pour de tels modèles. » Même si l'entreprise se dit consciente de l'étroitesse de cette niche.

Logicom commercialise en France deux autres modèles d'Amoi, le A200 et le A203, à 59 et 69 euros. Et réfléchit à la distribution prochaine des nouveaux smartphones « low cost » du fabricant chinois, qui fonctionnent avec Windows Mobile.

Phone House, importante enseigne de distribution spécialisée en téléphonie mobile, propose seulement le Motofone. L'arrivée des téléphones d'Amoi n'est pas programmée dans son réseau de magasins. « Notre clientèle est plutôt friande de marques connues, d'où notre choix de Motorola, indique Vincent Leclerc, acheteur en téléphonie de Phone House. Le Motofone est un bon produit, mais sur lequel le constructeur n'a pas su bien communiquer jusqu'à présent. » Mais selon lui, les téléphones low cost ont peu de chance de devenir un must en France. « Les gens sont plutôt demandeurs de nouveautés. Et puis, il existe beaucoup de solutions pour changer de téléphone à moindre coût, grâce notamment aux programmes de fidélisation des opérateurs. »

Guillaume Deleurence - 01 net