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En France, les ransomwares font plus de 20.000 victimes tous les mois

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Le nombre de machines infectées a triplé en l'espace d'un an, estime l'éditeur d'antivirus Avast. Et le phénomène risque malheureusement de prendre de l'ampleur cette année.

Les ransomwares, ces logiciels malveillants qui bloquent l’accès aux données d’un ordinateur et incitent la victime à payer une rançon pour les libérer, sont en train de devenir un fléau majeur pour les Français. Selon l’éditeur d'antivirus Avast, qui bénéficie d'une importante base installée en France, le nombre de victimes a triplé en 2016. Durant l’année écoulée, les ransomwares ont réussi à infecter chaque mois entre 20.000 et 30.000 machines dans l'Hexagone. "Au total, cela fait autour 250.000 victimes françaises. Et malheureusement, il est fort probable que ce phénomène continuera de prendre de l'ampleur en 2017. Pour les cyberdélinquants, le ransomware est une manière simple et peu risquée pour se faire de l'argent", nous explique Ondrej Vlcek, directeur technique chez Avast.

Ces chiffres peuvent surprendre, surtout si l'on consulte les rapports statistiques du ministère de l'Intérieur. Celui-ci ne comptabilise, pour l'année 2016, que 10.405 "atteintes aux STAD (systèmes de traitement automatisé de données)", c'est-à-dire de piratages d'ordinateurs. Et le ransomware n'est qu'une catégorie parmi d'autres dans tous ces faits rapportés. L'explication est simple: les victimes de ransomware portent rarement plainte, c'est pourquoi elles n'apparaissent pas dans les statistiques officielles.

Un préjudice somme toute limité

Si l'on croît l'éditeur Avast, les ransomwares font désormais autant de victimes que les cambriolages de logement (243.500 faits constatés en 2016) ou les vols dans les véhicules (262.900 faits constatés en 2016). Seuls les délinquants de l'escroquerie bancaire (1,1 million de victimes en 2015) et du vol sans violence (704.200 victimes en 2016) arrivent à faire plus dégâts, en tous les cas en nombre de personnes touchées.

Comparé aux autres délits, l'impact financier est toutefois limité, car seul un petit pourcentage des victimes est prêt à mettre la main à poche. "C'est difficile à mesurer et nous n'avons pas de chiffre précis là-dessus. Mais nous pensons qu'environ 5 % des victimes paient la rançon demandée. Comme celle-ci oscille généralement entre 500 et 1000 euros, on peut estimer que les pirates collectent en France autour de 12 millions d'euros. Au niveau mondial, les rançons atteignent plus d'un milliard de dollars", poursuit Ondrej Vlacek. A titre de comparaison, un cambriolage de logement génère souvent entre 1.000 et 3.250 euros de préjudice (source: Observatoire de la délinquance et des réponses pénales), ce qui représentent un impact financier global en France de l'ordre de plusieurs centaines de millions d'euros.

Pour se protéger des ransomwares, il est conseillé d'installer un antivirus et de réaliser régulièrement des sauvegardes de ses données. Par ailleurs, il faut être attentif aux pièces jointes que l'on ouvre et aux liens sur lesquels on clique. Les ransomwares se diffusent souvent par ce type de canaux, dans le cadre de campagne de phishing.

Retrouvez l'interview complète dans notre dossier Avast 2017