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Commeon: la plateforme de mécénat participatif qui attire les jeunes

Commeon, la plateforme de mécénat participatif

Commeon, la plateforme de mécénat participatif - Commeon

En simplifiant l'accès aux dons, Commeon permet à ses utilisateurs de soutenir de nombreuses associations, ONG ou projets locaux. Depuis sa création, la plateforme a accompagné plus de 500 projets d'intérêt général.

Soutenir des associations ou ONG telles que "Le Refuge" ou "Reporters sans Frontières", défendre des projets locaux comme la sauvegarde des hérissons dans le Maine-et-Loire… tout cela est possible via la plate-forme, Commeon. Depuis sa création en 2014, cette plateforme française de mécénat participatif a accompagner plus de 500 projets d’intérêt général.

Fondée par une ancienne ingénieure passionnée d’art contemporain, la "marketplace de la philanthropie" offre la possibilité à un particulier ou une entreprise de devenir mécène ou soutien d’un projet en quelques clics dès 10 euros. Initialement dédiée aux projets liés à la culture et au patrimoine, Commeon s’est élargi en novembre 2017 à l’ensemble des secteurs de la générosité. "Je me suis appropriée l’émergence du crowdfunding comme un potentiel énorme pour le mécénat", raconte la fondatrice de la start-up, Thérèse Lemarchand.

Les plus de 18.000 membres de Commeon peuvent choisir parmi une sélection de projets variés travaillant pour le bien commun et uniquement portés par des personnes morales qui ont "des structures et déjà une certaine antériorité", explique Thérèse Lemarchand.

Récompensée en 2018 du Grand Prix du mécénat culturel du Ministère de la Culture pour son action en faveur de la restauration de l’église de Saint-Germain-des-Prés, la plateforme n’en finit plus de grandir.

Récemment, elle a franchi une nouvelle étape de son développement en annonçant son rapprochement avec Hopening, premier groupe de services et de solutions de fundraising dans l’Hexagone.

Des dons pour les animaux et le patrimoine

En s’inspirant du crowdfunding, Commeon a pour objectif de "remettre les donateurs au cœur de la démarche en simplifiant ses actions de dons". À cet égard, le donateur trouve sur la plateforme son "portefeuille philanthropique" qui rassemble l’historique de ses dons ainsi que ses reçus fiscaux. L’utilisateur dispose d’un suivi précis des projets qu’il soutient et reçoit des recommandations sur ceux susceptibles de l’intéresser. Une "tirelire de générosité" permet en outre de créer un compte de micro-épargne pour mettre de l’argent de côté afin de l’utiliser ultérieurement pour soutenir de nouvelles causes.

Sur la plateforme, le don moyen atteint 125 euros tandis que le don médian est de 60 euros. Ces mêmes dons vont de quelques euros à 20.000 euros. Par ailleurs, 3% des donateurs sont des entreprises. Celles-ci représentent 15% des montants collectés sur la plateforme. Certaines vont jusqu'à nouer un partenariat avec Commeon pour promouvoir les dons auprès de leurs collaborateurs. Fin 2017, le Crédit Agricole s’est notamment engagé à doubler les dons des particuliers des cinq à dix projets de mécénat qu’elle aura décidé de soutenir chaque année.

À noter également qu’en simplifiant l’accès au don, Commeon a su attirer les jeunes puisque les moins de 50 ans représentent plus de 50% des particuliers donateurs. "Les jeunes ont une appétence au don très forte même s’ils ont une capacité financière faible", souligne Thérèse Lemarchand.

Selon elle, les projets les plus soutenus sur la plateforme en ligne concernent les animaux et le patrimoine. "Il y a un très gros intérêt pour la conservation et la restauration du patrimoine en France. Les gens sont conscients que l’État ne va pas être en capacité de porter seul la charge de cette conservation", poursuit la fondatrice de Commeon.

Épargnée par la baisse des dons

Alors que France Générosités s’attend à une baisse des dons en France de l’ordre de 10 à 15% sur l’année 2018, la plateforme Commeon, elle, semble épargnée. De fait, la baisse des dons s’explique avant tout par la transformation de l’ISF en IFI et par l’augmentation de la CSG, qui touchent les seniors.

Or, Commeon attire un public particulièrement jeune qui n’est touché par aucune des deux mesures précédemment citées. "Ce qui est très difficile en revanche, c’est l’incertitude fiscale qui met les gens en attente", reconnaît toutefois Thérèse Lemarchand, évoquant notamment le prélèvement à la source.

"Construire les moyens d'une participation citoyenne audacieuse"

À l’avenir, Commeon espère poursuivre son développement en s’adaptant au comportement des donateurs. Grâce à son rapprochement avec Hopening, la plateforme va pouvoir profiter de l’expertise de cette société forte de 30 ans d’expérience dans le domaine du don.

"Avec ce rapprochement, nous unissons nos forces pour construire ensemble les moyens d’une participation citoyenne audacieuse, de grande ampleur et cohérente avec l’expression nouvelle des comportements et des besoins d’engagement sociétal des entreprises", précise Thérèse Lemarchand.
Paul Louis