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Chine: Alibaba bannit les produits H&M, qui a pris la défense des Ouïghours

L'administration américaine examine la possibilité d'interdire aux Américains d'investir dans les géants chinois Alibaba et Tencent

L'administration américaine examine la possibilité d'interdire aux Américains d'investir dans les géants chinois Alibaba et Tencent - Lionel BONAVENTURE © 2019 AFP

L’ensemble des applications chinoises de e-commerce ont supprimé la marque de leur catalogue, après que H&M a annoncé ne plus vouloir se fournir en coton provenant du Xinjiang.

Depuis ce 25 mars, il est bien plus difficile de trouver des articles H&M en ligne en Chine. Les géants du secteur ont appliqué des mesures de rétorsion à l’encontre de la marque suédoise après sa prise de position en faveur des Ouïghours il y a quelques semaines.

Comme l’annonce Le Quotidien du Peuple, organe de presse officiel du Parti communiste chinois, les recherches liées à H&M sur les sites Taobao et Tmall, principaux acteurs du e-commerce chinois et appartenant tous deux au groupe Alibaba, ne sont plus concluantes. Il en est de même chez les concurrents, parmi lesquels JD.com ou Pinduoduo.

Un partenariat avec Alibaba en 2017

Comme le rappelle le site américain TechCrunch, le modèle de distribution par le biais de sites tiers - notamment grâce aux places de marché - est utilisé par H&M en Chine, tandis que le géant du textile est davantage connu pour une distribution en ligne ou sur sa propre application en Occident. La marque, qui possède toutefois près de 450 boutiques dans le pays, avait noué un partenariat avec Tmall en 2017.

H&M est la cible d’un large boycott après avoir annoncé ne plus vouloir se fournir en coton provenant du Xinjiang, qui représente 20% de l’offre mondiale. La région est au cœur de batailles diplomatiques entre la Chine et les pays occidentaux, qui accusent Pékin d’emprisonner et de contraindre au travail forcé les Ouïghours, minorité musulmane du pays. Des accusations niées en bloc par Pékin.

En 2020, un rapport américain évoquait un programme coercitif de ramassage de coton appliqué à près de 600.000 Ouïghours.

Si Alibaba est étroitement lié au gouvernement chinois, il en est de même pour les principaux géants de la tech du pays. Le passeport sanitaire lancé par la Chine est par exemple proposé au sein de l’application WeChat, appartenant à Tencent. Des liens qui ont parfois des conséquences sur l’image des géants chinois du numérique.

Fin 2020, le footballeur français Antoine Griezmann avait rompu son contrat avec Huawei, après un rapport évoquant la mise au point par l’entreprise d’un système de reconnaissance faciale réalisé au profit du gouvernement chinois. Le but: identifier les visages des Ouïghours grâce à un algorithme.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech