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Affaire Pegasus: la France était "sur le point" d'acheter le logiciel espion de NSO

Une femme montre son téléphone devant le siège de l'entreprise NSO, qui a conçu un logiciel espion, le 28 août 2016 à Herzliya, en Israël

Une femme montre son téléphone devant le siège de l'entreprise NSO, qui a conçu un logiciel espion, le 28 août 2016 à Herzliya, en Israël - JACK GUEZ © 2019 AFP

Au moment des révélations sur l'affaire de cyberespionnage, la France s'apprêtait à mettre la main sur le logiciel Pegasus, commercialisé par l'entreprise NSO. Plusieurs pays avaient déjà passé le cap.

En juillet dernier, la France a été secouée par une affaire de cyberespionnage de grande ampleur, révélée par un consortium de dix-sept médias. A son origine, l'entreprise israélienne NSO, et son logiciel Pegasus.

De nombreux individus ont été touchés par cette affaire, dont certains dans les plus hauts cercles de l'Etat, à commencer par le président Emmanuel Macron, mais également des dizaines de journalistes, activistes des droits humains ou diplomates.

Selon des informations publiées ce 24 novembre par le MIT Technology Review, la France était, au moment de ces révélations, en passe d'acheter le logiciel en question.

"Les Français étaient sur le point d'acheter l'outil, dans le cadre d'un contrat qui aurait valu des millions, malgré des années de suspicions selon lesquelles ce logiciel était utilisé pour surveiller et harceler des opposants politiques, journalistes et activistes des droits humains partout dans le monde", révèle le MIT Technology Review.

Des négociations stoppées net

Plusieurs sources proches du dossier affirment que "les négociations se sont effrondrées juste après les premières accusations expliquant que des hommes politiques français figuraient parmi les cibles. Les négociations ont été rompues quelques jours avant le jour de l'achat".

Pour autant, lorsque l'affaire a éclaté, toute possibilité d'achat a été niée par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Plusieurs pays, cependant, ont effectivement acheté le logiciel, à l'instar de l'Allemagne, l'Espagne ou le Mexique.

Selon ces derniers, des logiciels comme Pegasus permettent à ces états de garder un oeil sur des menaces potentielles, comme des réseaux terroristes. Toutefois, l'affaire Pegasus a mis en relief des dérives évidentes du logiciel.

Victoria Beurnez