Tech&Co
Télécoms

Faut-il s'attendre à des coupures des réseaux de téléphonie mobile cet hiver?

Sans électricité, pas de réseaux mobiles et donc, plus possible d'utiliser les smartphones

Sans électricité, pas de réseaux mobiles et donc, plus possible d'utiliser les smartphones - LOIC VENANCE

En cas de coupure ou de rationnement d'électricité cet hiver, les utilisateurs de smartphones pourraient perdre inopinément tout signal de téléphonie mobile avec l'arrêt des tours télécoms. L'Europe cherche des plans pour limiter les conséquences.

La crise de l'énergie aura-t-elle un impact sur les réseaux de téléphonie mobile cet hiver? Selon Reuters, des responsables européens du secteur des télécoms craignent que si un hiver très rigoureux s'abattait sur l'Europe, les utilisateurs de smartphones pourraient perdre inopinément tout signal de téléphonie mobile. Cette situation sera provoquée par les coupures de courant ou les mesures de rationnement d’électricité que pourraient prendre les pouvoirs publics.

L’Europe dispose de près d’un demi-million de tours télécoms. Si la plupart sont équipées de groupes électrogènes de secours, de nombreux pays européens ne disposent pas de ces systèmes destinés à faire face à des coupures d'électricité. Mais ces batteries n'offrent qu'une durée d’environ une demi-heure seulement et finiraient par se vider, faute d'alimentation. La Fédération française des télécoms (FFT), qui représente notamment les opérateurs Orange, Bouygues Telecom et SFR (Altice, propriétaire de BFM Business, ndlr), a pointé du doigt Enedis, filiale d'EDF, pour son incapacité à préserver les antennes mobiles d’éventuelles coupures de courant.

La France élabore un plan

La France prévoit ce type de situation. Le gouvernement, les opérateurs télécoms et Enedis ont discuté de la question au cours de l’été, ont dit le gouvernement et les sources. Un plan a été élaboré pour des coupures de courant de deux heures maximum dans le pire scénario, ont dévoilé à Reuters deux sources proches du dossier.

Dans cette situation, un dispositif de “délestage tournant” évoqué dès le 1er septembre par la Première ministre Elisabeth Borne, ces coupures n’affecteraient que certains endroits du pays, de manière alternée et les services essentiels tels que les hôpitaux, la police et les administrations seraient épargnées.

Enedis a refusé de s’exprimer sur le contenu des discussions avec les autorités. Le groupe a assuré à Reuters que tous ses clients réguliers seront traités sur un pied d’égalité en cas de pannes exceptionnelles. Il précise être en mesure d’isoler certaines parties du réseau pour fournir des clients prioritaires (hôpitaux, sites industriels sensibles ou l’armée) mais que c’est aux autorités locales d’ajouter les infrastructures télécoms à la liste des clients prioritaires.

La France compte environ 62.000 antennes mobiles et le secteur ne pourra pas toutes les équiper de nouvelles batteries, a dit Liza Bellulo, présidente de la FFT. En Allemagne, Deutsche Telekom dispose de 33.000 tours mobiles et ses systèmes de génération d’électricité de secours ne peuvent en couvrir qu’une petite partie simultanément, a dit un porte-parole du groupe. L’opérateur allemand aura recours à des générateurs mobiles fonctionnant essentiellement au diesel en cas de pannes de courant prolongées, a-t-il dit.

En Italie, les représentants du secteur télécoms réclament que le réseau mobile soit exclu de toute mesure de coupure ou de rationnement d’électricité. Ils soulèveront cette question auprès du futur gouvernement appelé à être formé après les élections de dimanche dernier.

Les équipementiers de réseaux Nokia et Ericsson travaillent avec les opérateurs mobiles pour trouver les solutions permettant d’atténuer l’impact d’éventuelles coupures d’électricité, ont dit trois sources proches du dossier. Les deux groupes ont refusé de s’exprimer sur le sujet.

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco