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Sous pression, Twitch interdit certains sites de jeux d'argent

Twitch annonce une mise à jour de sa politique en matière de site de jeux d'argent.

Twitch annonce une mise à jour de sa politique en matière de site de jeux d'argent. - Lionel BONAVENTURE © 2019 AFP

Twitch sévit contre certains sites de jeux d'argent après plusieurs jours de mobilisation de streamers. L'un d'eux a escroqué ses pairs de dizaines de milliers de dollars, déclenchant une tempête sur la façon dont la plateforme gère les jeux de hasard.

Ce mardi, Twitch a réagi à la menace de certains de ses plus grands streamers, en ce concerne la présence de sites de paris et de jeux d'argent sur sa plateforme. La plateforme a ainsi annoncé une mise à jour de sa politique et entend interdire les "machines à sous, la roulette ou les jeux de dés qui ne sont pas autorisés aux États-Unis". Cette décision prendra effet à partir du 18 octobre.

Mais la plateforme continuera à "autoriser les sites Web qui se concentrent sur les paris sportifs, les sports fantastiques et le poker", laissant beaucoup de place sur la plateforme pour certaines des formes les plus populaires de paris.


Tout est parti d'un stream diffusé par ItsSliker, un streamer aux plus de 430.000 abonnés basé au Royaume-Uni qui a gagné en popularité en 2019. Il joue le plus souvent à des jeux d'argent comme Valorant et Counter-Strike Global Offensive. Il est accusé d'avoir trompé des viewers de Twitch et ses propres collègues pour qu'ils lui prêtent de grosses sommes d'argent. ItsSliker a prétendu que son compte bancaire était bloqué et qu'il avait besoin d'aide pendant que le compte était gelé.

Il a admis ce week-end, dans un vidéo, sa dépendance aux jeux d'argent et avoir soutiré des centaines de milliers de dollars à d’autres créateurs pour financer ses paris sportifs. Ses collègues streamers ont estimé que ItsSliker a soutiré environ 300.000 dollars à ses collègues et fans, selon Vice.

Mobilisation des streameurs

Le hashtag #TwitchStopGambling s'est répandu sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Alors que le scandale se répandait, des personnalités influentes de Twitch, dont Pokimane, Devin Nash, Mizkif, Ludwig et Hasan Piker, ont appelé l'entreprise à interdire les jeux d'argent sur la plateforme, certains menaçant de boycotter Twitch pendant une semaine ou plus en signe de protestation.

A travers ce hashtag, les fans de streamers ont aussi partagé leur expérience. Certains disent qu'ils ont été initiés aux machines à sous et aux paris sportifs par les streamers Twitch.

Certains streamers estiment que la décision de Twitch est une première victoire contre les jeux d'argent, qui, selon eux, n'ont pas leur place sur la plateforme. D'autres n'ont pas tardé à faire remarquer que la demi-mesure de l'entreprise n'aurait aucune incidence sur l'escroquerie qui a déclenché la mobilisation.

Septième catégorie la plus populaire sur Twitch

Les jeux d'argent, et en particulier le crypto-jeu, sont récemment devenus très populaires sur Twitch. Selon Bloomberg, des streamers sont sponsorisés par les casinos, et ont fait des "machines à sous" la septième catégorie la plus populaire sur la plateforme. Actuellement, près de 60.000 personnes consultent la catégorie des machines à sous sur Twitch.

Dans son communiqué, Twitch a souligné: "Bien que nous interdisions le partage de liens ou de codes de référence vers tous les sites comprenant des machines à sous, des roulettes ou des jeux de dés, nous avons vu certaines personnes contourner ces règles et exposer notre communauté à des dommages potentiels". 

Et c'est en effet là que se trouve le coeur du modèle. Même si les streamers ont des partenariats commerciaux avec des casinos, ils sont contraints à un certain nombre de mises. Concrètement, ils proposent à leurs fans des liens vers les casinos, leur donnant droit à des bonus ou à des mises de départ lors de leur inscription. Ce sont ces liens qui représentent la principale source financière de ces streamers.

En France, d’après le dernier baromètre relatif aux pratiques de jeux d’argent sur Internet, respectivement 48,3 % et 45,5 % des joueurs jouent aux jeux de casino et présentaient, en 2017, un comportement de "jeu excessif".

Margaux Vulliet