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Sarkozy créé la surprise en voulant encadrer les loyers

Sarkozy fait un virage très décrié

Sarkozy fait un virage très décrié - dr

Nicolas Sarkozy s’est finalement dit favorable à un encadrement des loyers en France, après avoir longtemps combattu cette mesure. Un revirement inattendu du leader de la droite, qui ne manque pas de provoquer la moquerie à gauche.

C’est dans une interview accordée au magazine Femme Actuelle, à paraître lundi, que le président-candidat a mis le feu aux poudres. Vantant à nouveau le modèle allemand, qui applique un encadrement des loyers à la relocation, il a annoncé réfléchir à la mise en place d’un tel système en France : « Il ne s'agit pas de bloquer les loyers mais bien d'un encadrement », a-t-il indiqué, cité par Reuters. Une idée dont les modalités ne sont pas encore dévoilées, alors que le nouvel indice de référence des loyers (IRL) montre ce trimestre une hausse de 2,24 %, la plus forte depuis 4 ans.... En Allemagne, les locataires peuvent saisir le juge si le loyer pratiqué est supérieur de 20 % à un montant maximum autorisé dans chaque länder. Mais le plafond pourrait directement s’appliquer aux propriétaires, sous réserve de sanctions.

« Cela n’a marché nulle part, même à l’époque de l’Union soviétique »

Le leader de la droite répugnait depuis longtemps à mettre en place un encadrement des loyers. Interrogé fin janvier sur ce point par Claire Chazal au JT de 20 heures, Nicolas Sarkozy avait encore répondu : « Si on fait l’encadrement des loyers c’est très simple : plus personne ne louera, et plus personne de construira ». Et d’estimer que « cela n’a marché nulle part, même à l’époque de l’Union soviétique ».

Du côté du PS - où l'on défend ardemment un encadrement des « loyers lors de la première location ou à la relocation là où les prix sont manifestement excessifs », une mesure-phare du candidat Hollande - la raillerie est au rendez-vous. « Je suis heureux de voir que sous la pression, il arrive à un modèle qu’il décriait hier (...). S’il a pu être convaincu, dommage qu’il ne l’ait pas fait au début de son quinquennat. Je vais donc préciser ce que j’ai dit : ce serait dans les zones sous tension et au moment de la première mise en location ou en relocation », a indiqué François Hollande dans un entretien à Libération.

Comme un « boomerang»

Alors que « son bilan lui revient en boomerang (…), le candidat sortant semble avoir découvert à moins de dix jours du premier tour de l’élection présidentielle que le coût du logement est devenu insupportable pour les Français », explique Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS de Paris et ex-secrétaire d’Etat au Logement sous le gouvernement Jospin. Nicolas Sarkozy « redécouvre aujourd'hui qu'il existe des locataires en France, qu'ils paient des loyers trop chers et qu'ils vivent mal ! » indique pour sa part Thierry Repentin, responsable du pôle habitat et politique de la ville au PS. Par ailleurs, le collectif Jeudi Noir, en lutte contre le mal-logement, n’hésite pas à titrer dans un communiqué au vitriol : « Bienvenue en Union soviétique, Nicolae ! »

Benoist Apparu, ministre du Logement, tient à marquer la différence entre l’idée du chef de l’Etat et celle du PS : « D'un côté vous avez François Hollande qui veut baisser les loyers de 20% de manière administrative et collective, de l'autre, vous avez le chef de l'Etat qui veut s'inspirer du modèle allemand pour permettre à un locataire de saisir le tribunal pour corriger les abus », a-t-il expliqué au Monde.

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Léo Monégier