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Les idées d'Orpi pour relancer le marché immobilier ancien

Les délais de transaction s'allongent significativement

Les délais de transaction s'allongent significativement - dr

Le président du réseau, Bernard Cadeau, dresse une liste de six mesures à même, selon lui, de redonner rapidement confiance, notamment aux investisseurs et aux primo-accédants. L'enjeu est de taille si on veut éviter le blocage d'un marché déjà peu actif.

« Bloqué », « au point mort », « déboussolé », « au ralenti », « en voie de vitrification » : Bernard Cadeau, le président d’Orpi, n’a pas manqué d’imagination vendredi matin, pour décrire un marché immobilier français dont on aura compris qu’il a connu des jours meilleurs.

Il est vrai que les derniers chiffres du réseau ne sont pas des plus encourageants. En dépit de taux d’emprunt historiquement bas, les 1 250 agences de l’enseigne accusent une baisse significative de leurs volumes de transactions (-12 % au premier semestre 2014 par rapport à la même période un an plus tôt), doublée d’un allongement tout aussi net de leurs délais de vente. Un bien reste en moyenne 109 jours sur le marché, contre 95 jours en janvier dernier. « Nos agents immobiliers travaillent pour faire comprendre la réalité du marché aux vendeurs, mais les ventes ne redémarrent toujours pas, analyse M. Cadeau. Les primo-accédants et les ménages les plus modestes sont écartés, et les biens de moins bonne qualité restent sur le marché faute d’acquéreurs ».

Pour une relance à court terme

Face à un état des lieux aussi « préoccupant », le dirigeant a dressé une liste de pistes à explorer, joignant sa voix à celles de la Fnaim ou de ses confrères de Laforêt pour demander que l’immobilier ancien ne soit pas le grand oublié du plan de relance gouvernemental. « Je ne remets pas en question la nécessité des mesures annoncées la semaine dernière, a-t-il expliqué, mais compte-tenu des délais de construction, 90 % d’entre elles n’auront pas d’effet visible avant 2019, au moins. »

Six « solutions à court terme » sont ainsi proposées, à même selon le réseau de « redonner rapidement confiance » aux acquéreurs, et ainsi fluidifier le marché :

  • Encourager l’investissement locatif privé, via notamment la création d’un véritable « statut du bailleur privé » dont les modalités restent à préciser ;
  • Simplifier certaines contraintes de la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (Alur). Il s’agit principalement ici d’alléger la liste des documents nécessaires à la signature d’un compromis de vente de biens en copropriété, dont Orpi assure qu’elle a contribué à grippé un peu plus un marché déjà bien morose. « La volonté de mieux informer les acheteurs est louable, mais la mesure a été mise en place trop rapidement », a commenté M. Cadeau ;
  • Étendre le prêt à taux zéro (PTZ) à tout le marché de l’ancien sous conditions, notamment de ressources ;
  • Revoir le système d’imposition des plus-values et, plus globalement, la fiscalité du logement ;
  • Réduire les droits de mutation – qui viennent d’être relevées dans la majorité des départements ;
  • Exonérer de droits de succession les acquéreurs de logements qui investiront dans les deux prochaines années pour louer.

Alors que l’une des justifications du plan de soutien à la construction neuve a été le poids économique du secteur, Bernard Cadeau a insisté sur le fait que « le logement ancien est lui aussi créateur de richesse et d’emploi. Un ménage qui achète un logement s’équipe, fait appel à des artisans pour le rénover… Sans parler du manques à gagner en termes de recettes qu’engendre la chute du nombre de mutations », a-t-il ajouté.

Emmanuel Salbayre