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L'immobilier entre gris clair et gris foncé

Pour 2013, le CSN identifie trois types de risques pesant sur le secteur

Pour 2013, le CSN identifie trois types de risques pesant sur le secteur - Veniamin Bibikov - Fotolia.com

Les Notaires de France revoient leur copie et écartent l’hypothèse, un temps retenue, d’un effondrement du marché immobilier dès 2012. L’année prochaine, en revanche, s’annonce d’ores et déjà comme celle « de tous les dangers »

L’immobilier est bien entré dans un nouveau cycle, mais il ne s’effondrera pas. Du moins pas encore. La dernière note de conjoncture trimestrielle des Notaires de France, publiée jeudi, confirme que les baisses de volumes et de prix observées depuis quelques mois sont « bien différente[s] de ce que nous avions observé depuis l’année 2000, à l’exception du « trou d’air » de 2008/2009 ». Pas suffisamment, cependant, pour retenir le « scénario catastrophe » envisagé au mois de mai, selon lequel moins de 700 000 biens immobiliers anciens changeraient de main cette année et les prix chuteraient de plus de 10 % en moyenne annuelle et nationale. Si cette perspective n’est plus d’actualité, c’est « surtout en raison du bas niveau des taux d’intérêt, qui semble devoir durer », écrit le Conseil supérieur du notariat (CSN). Le Crédit Logement a montré cette semaine que les taux des crédits habitat étaient tombés à 3,60 % en moyenne au mois de juin, niveau auquel ils devraient se stabiliser dans les prochaines semaines.

Un peu plus de 700 000 ventes

Exit, donc, le « scénario noir », auquel les notaires préfèrent désormais un scénario « gris ». Moins catastrophique mais toujours pessimiste, celui-ci laisse entrevoir un nombre de transactions « légèrement supérieur à 700 000 » sur l’ensemble de l’année, en baisse de 15 % par rapport à 2011. Comme toujours, « cette moyenne cachera […] des différences substantielles suivant les territoires », la baisse « plus accentuée » attendue en Île-de-France (y compris Paris intra-muros) et dans les régions du Nord, du Centre et de l’Est, contrastant avec la relative résistance des « métropoles dynamiques, comme Bordeaux, Lyon, Montpellier, Nice ou Toulouse », poursuit la note.

Baisse générale des prix

Côté prix, le CSN confirme le scénario d’une baisse en province, sur le marché des appartements (« très légère » dans les grandes métrooles dynamiques, « entre -5 % et-10 % » ailleurs) comme sur celui des maisons (« entre -5 et -15 % en fonction des territoires »). A Paris, « la variation des prix des appartements dans l’ancien pourrait être très légèrement négative […] mais l’analyse des avant-contrats nous confirme une baisse des volumes devant entraîner une hausse modérée des prix », poursuit la note, reprenant l’argument avancé il y a quelques jours par la chambre francilienne des Notaires.

Sans dresser de prévisions chiffrées, les notaires préviennent que 2013 s’annonce comme « l’année de tous les dangers », avec une série de risques susceptibles de retarder la reprise du secteur. Des risques économiques tout d’abord, sur le niveau des taux, de la croissance, du chômage et du moral des ménages, notamment ; des risques quant aux évolutions de la fiscalité patrimoniale et immobilière, ensuite (on ne sait pas encore quel sera le successeur du dispositif Scellier d’aide à l’investissement locatif ni comment le gouvernement compte aménager la taxation des plus-values) ; risques en matière de législation sur le logement, enfin, sur fond d’incertitude quant au contenu de la loi promise pour 2013 par Cécile Duflot.

Emmanuel Salbayre