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Gaz lacrymogènes : Le Dal porte plainte contre la police

Rue de la Banque à Paris, là où étaient installés les sans-abris, avant d'être délogés

Rue de la Banque à Paris, là où étaient installés les sans-abris, avant d'être délogés - Wikimedia

Le porte-parole du Droit au logement (Dal), Jean-Baptiste Eyraud, a déposé plainte auprès de l’IGS, la « police des polices », d’après l’AFP. Il accuse les forces de l’ordre d’avoir usé de gaz lacrymogènes contre les sans-abris dimanche dernier, rue de la Banque à Paris.

L’été est bien rigoureux et sombre pour les sans-abris de Paris. En effet, après la crise du Samu Social, le Dal est en proie à des violences policières. C’est tout du moins ce qu’affirme le porte-parole et fondateur du Dal, Jean-Baptiste Eyraud, qui a porté plainte auprès de l’inspection générale des services (IGS), selon l’AFP. Trois femmes sans-abris l'ont suivi dans cette démarche. Le motif ? L’utilisation de gaz lacrymogènes lors d’une manifestation dimanche matin, rue de la Banque à Paris.

Par la suite, « cinq femmes sont parties aux urgences », affirme M. Eyraud. Une information confirmée par une source policière à l’AFP, tout en précisant que « les policiers étaient là en observateurs, il n’y a pas eu d’intervention. Ils n’ont pas utilisé de gaz lacrymogènes. [Les manifestants] sont partis seuls ». Etonné et indigné, le porte-parole du Dal a souligné « qu'en 20 ans, c’est la première fois qu’une action du Dal est réprimée par du gaz lacrymogène ». L'association veut qu’une enquête soit ouverte.

Un schéma de faits bien connu

La rue de la Banque est depuis des années le théâtre d’expression des mal-logés. Des allers-retours incessants entre le ministère du Logement et le Dal, symbolisé par la rue, gangrènent une solution pérenne. Et le même schéma se répète : à l’automne 2007, déjà, le Dal installait un campement sauvage de sans-abris rue de la Banque, le ministère avait promis de reloger les personnes à la rue. Que neni ! Le schéma s’est en ensuite répété en 2009, puis en 2010. L’année 2011, annonce-t-elle enfin une sortie de crise ?

Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au Logement s’y engage : « huit assises interrégionales vont être organisées entre septembre et décembre » pour lutter contre le mal logement, confiait-il au Figaro le 5 août dernier, en réponse à la grève effectuée par les bénévoles du Samu social au début du mois. D’ici là, et les actions, l’été sera passé et les sans-abris lutteront contre les froideurs de l’hiver.

Maxime Laurent