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Les taux immobiliers poursuivent leur hausse, écartant un peu plus certains ménages de l'accès au crédit

Les taux remontent

Les taux remontent - PHILIPPE HUGUEN © 2019 AFP

L'observatoire Crédit Logement CSA constate que les taux immobiliers ont poursuivi leur progression en juin. Ils ont atteint en moyenne 1,52% le mois dernier contre 1,39% en mai.

Les taux immobiliers poursuivent leur progression. L'observatoire Crédit Logement CSA constate qu'en juin, le taux moyen était de 1,52% contre 1,39% un mois auparavant. Et la tendance n'est pas prête de s'arrêter puisqu'à mi-juillet, il s'établit à 1,64%, en progression de 12 points sur un mois. Les taux se sont envolés de 58 points depuis décembre 2021 où ils étaient à 1,06% en moyenne. "Après une hausse de 4 points de base (pdb) durant les deux premiers mois de 2022, la progression est nettement plus rapide depuis : + 42 pdb sur les quatre derniers mois", constate l'Observatoire.

Dans le détail, au moins de juin, les taux à 15 ans sont en moyenne à 1,36%, à 20 ans ils ressortent à 1,49% et sur 25 ans à 1,59%. Pour rappel, le taux d'usure est de 2,60% pour les crédits de moins de 20 ans et de 2,57% pour les plus de 20 ans.

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239 mois en moyenne

"En juin, seuls 4 % des emprunteurs supportent un taux compris entre 2 % et 2,25 %, pour une inflation mesurée en niveau annuel glissant à 3,91 % d’après l’indice des prix à la consommation harmonisé : cette proportion était de 3 % en mai. La totalité des emprunteurs bénéficient donc de crédits à des taux très largement inférieurs à l’inflation, ce qui ne s’était jamais constaté depuis la fin des années 50 : le taux d’intérêt réel sur les crédits immobiliers est largement négatif, à un niveau sans précédent depuis 1949", souligne l'observatoire.

L'observatoire note également qu'au 2ème trimestre 2022, la durée moyenne des prêts accordés était de 239 mois. Elle se maintient à des niveaux jamais observés par le passé. De 13.6 ans en 2001 (163 mois), elle s’est établie à 20 ans en juin (240 mois). "De telles durées ont permis de préserver l’accès au crédit pour certains candidats à l’accession à la propriété et investisseurs dans le locatif. Allonger la durée contient le taux d’effort sous le seuil des 35 % imposé par les autorités de contrôle des banques, et atténue les conséquences sur l’accès au crédit, tant de la hausse des prix des logements que des taux d’apport personnel exigés".

Dans le contexte d’une stricte application des recommandations du HCSF et d’une détérioration du pouvoir d’achat, le nombre de prêts accordés s’est affaibli dès le début de l’année 2022. Puis le déclenchement de la guerre en Ukraine a amplifié les pressions inflationnistes et leur impact sur les taux des crédits, alors que le moral des ménages fléchissait nettement. Ce choc supplémentaire sur la demande de crédits a transformé le ralentissement du début d’année en dégradation du marché. Ainsi, l'observatoire une baisse de l'activité en nombre de prêts de 9% entre le deuxième trimestre 2021 et la même période cette année (-10,2% pour le neuf et -23% pour l'ancien).

https://twitter.com/DianeLacaze Diane Lacaze Journaliste BFM Éco