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L'immobilier de luxe parisien pour l'instant insensible à la crise

Les acheteurs sont toujours présents à Paris

Les acheteurs sont toujours présents à Paris - Bertrand Guay - AFP

Un bien affiché au bon prix se vendra sans difficulté dans la capitale, constate Sotheby's International Realty. En revanche, les logements surévalués restent en plan.

L'immobilier de luxe ne connait pas la crise? Il semblerait en tout cas que les acheteurs soient toujours présents dans la capitale française. Alexander Kraft, PDG de Sotheby's International Realty France - Monaco, constate que "de manière générale, le marché francilien de l'immobilier haut de gamme se porte étonnamment bien vu les circonstances exceptionnelles". Un sentiment partagé par les 9 agences du réseau à Paris: "Les acquéreurs français sont plus présents que jamais".

En revanche, sans surprise, "les seuls biens qui ne se vendent pas sont surtout ceux dont les propriétaires espèrent en tirer un prix au-delà de la valeur de marché. Les acheteurs en ce temps de crise sont exigeants et les biens d'exception sans défaut trouvent acquéreurs très rapidement. Par contre, même si certains vendeurs pensent le contraire, les propriétés surévaluées ne se vendent pas", précise Alexander Kraft.

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Des changements d'attitudes

Paulo Fernandès, directeur associé de Paris Ouest Sotheby's International Realty note que "nos clients disposent de budgets assez conséquents, et nous avons conclu des ventes entre 3 et 6 millions d'euros avec de faibles négociations pour des maisons". Si la clientèle sur les 15ème, 16ème et 17ème arrondissements est majoritairement française, Paulo Fernandès constate des changements d'attitudes.

"Les deux confinements ont généré des envies de changement chez nos clients: alors qu'ils voulaient un appartement de 150 m² au départ, certains désirent maintenant revendre leur appartement pour prendre un logement plus central et acheter une maison de campagne, d'autres souhaitent un bien plus petit (100-110 m²) mais avec une terrasse, d'autres encore déménagent à Rueil-Malmaison ou Boulogne-Billancourt pour avoir une résidence de 200 m² avec un jardin, d'autres enfin – moins nombreux – ont quitté Paris. Mais ces derniers sont essentiellement des retraités qui n'ont plus besoin d'un pied-à-terre parisien et qui n'ont pas d'enfants".

Le retour des étrangers en 2021?

Dans l'Est parisien, les ventes connaissent quelques lenteurs. David Prazowski, directeur de Paris Marais Sotheby's International Realty, constate que certaines ventes sont plus longues qu'auparavant mais cela est dû surtout à l'attitude des vendeurs. Toutes surfaces confondues, le stock de biens est plus important qu'avant le reconfinement. Les acheteurs prennent donc leur temps. Si le prix d'un bien est cohérent, il se vend sans souci. Les acquéreurs dans le Marais et l'Est parisien sont surtout français et parfois européens de la zone euro, plutôt chefs d'entreprises ou cadres supérieurs.

Les étrangers, notamment les Anglophones, sont majoritairement en recherche de petites surfaces. David Prazowki précise : "Nous ne constatons pas de baisse de prix sur Paris mais les vendeurs sont plus à l'écoute et affichent donc plus spontanément le "bon" prix. Qui dit plus de stock, dit plus de compétition. Aussi les vendeurs tentent moins de proposer des prix au-dessus de la valeur de leur bien".

Dans les 6ème, 7ème et 8ème, Pascale Constans, directrice générale associée de Propriétés Parisiennes Sotheby's International Realty note que "concernant les biens de prestige, la clientèle internationale est toujours absente mais la demande des clients français reste soutenue. De nombreuses demandes internet nous parviennent de l'étranger, ce qui laisse présager une reprise de l'activité avec ces clients pour le début d'année". Et elle ajoute : "Les biens les plus sollicités sont ceux qui disposent de 2 à 4 pièces jusqu'à 120 m², mais il n'y a pas forcement de surface de prédilection et les biens délaissés sont ceux sans caractère exceptionnel présentés à des prix excessifs".

Diane Lacaze