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Une nouvelle loi pour limiter les 21 milliards de prospectus distribués chaque année

Des prospectus d'enseignes de grande distribution - Image d'illustration

Des prospectus d'enseignes de grande distribution - Image d'illustration - BFMTV

Des amendes plus élevées, des publicités interdites sur les voitures et qui ne doivent pas être trop "agressives", des prospectus emballés bientôt prohibés... Le gouvernement s'attaque à la publicité papier.

Les enseignes françaises raffolent des prospectus. Chaque année ce sont 21 milliards de tracts publicitaires, de catalogues et de journaux d'annonces gratuits qui sont distribués dans les 25 millions de boîtes au lettres des Français selon l'European Letterbox Marketing Association, soit pas moins de 840 prospectus par foyer sur une année. Ce qui fait de la France le deuxième pays d'Europe à distribuer le plus de prospectus derrière l'Allemagne et devant les Pays-Bas et l'Italie.

Pour limiter l'impact écologique de ces imprimés, une nouvelle loi est entrée en vigueur ce 1er janvier 2021, rappelle le site LSA. Elle vise dans un premier temps à durcir la répression contre le postage sauvage. Depuis 2004, ceux qui distribuent des prospectus dans une boîte portant la mention "Stop Pub" (près de 20% des Français ont collé cette étiquette) étaient passibles d'une amende de 450 euros. Cette amende sera désormais de cinquième classe et passe à 1500 euros et pourra être majorée à 3000 euros en cas de récidive.

Sur les 21 milliards de prospectus distribués chaque année, l'essentiel (18 milliards) ne seraient pas sollicités selon une étude de France Nature Environnement. Les amendes plus dissuasives pourraient diminuer leur nombre.

Pas de publicité "agressive"

Le gouvernement veut aussi s'attaquer au contenu des publicités. Elles devront ainsi être moins agressives. La loi du 10 février 2020 entrée en application ce premier janvier rappelle qu'il est interdit "dans une publicité, de donner l'impression, par des opérations de promotion coordonnées à l'échelle nationale, que le consommateur bénéficie d'une réduction de prix comparable à celle des soldes en dehors de leur période légale mentionnée." Une disposition qui risque d'être complexe à mettre en oeuvre et qui sera laissée à l'appréciation de la justice.

Enfin, deux autres interdits sont entrés en vigueur ce 1er janvier. Le dépôt d’imprimés publicitaires sur les véhicules est ainsi prohibé ainsi que la distribution de cadeaux non sollicités à visées commerciales dans les boites aux lettres.

Et la législation sera encore plus contraignante l'année prochaine. En 2022, ce sont les prospectus emballés sous plastique (avec l'adresse de la personne) qui seront proscrits, de même que l'utilisation d'encres à base d'huiles minérales et de papiers non-recyclés ou non issus de forêts gérées durablement. Ce qui devrait augmenter le coût de production des prospectus.

Reste que malgré ces contraintes, le prospectus reste un moyen de communication essentiel pour les enseignes notamment dans l'alimentaire. Rares sont les distributeurs qui à l'instar d'Ikea (qui a arrêté son catalogue) ou Monoprix ont décidé de s'en passer. Pour certaines enseignes comme Lidl qui proposent des arrivages nouveaux chaque semaine, il s'agit d'un des principaux leviers pour attirer les clients en magasin. La grande distribution y consacre près de 800 millions d'euros chaque année.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco