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Renault confie la gestion des données numériques de 22 usines à Google Cloud

Google avance un pion industriel chez Renault

Google avance un pion industriel chez Renault - AFP

Renault a choisi Google Cloud pour gérer les données de 22 usines du groupe, soit les trois quart de sa production. Le géant américain aidera Renault à former 40.000 salariés.

La stratégie numérique du Groupe Renault prend un nouveau virage. Le groupe automobile français a signé un accord avec Google qui stockera les données industrielles provenant de 22 usines qui assurent 76% de sa production.

La mission du géant américain sera en plus de les héberger, d'optimiser la production de 2500 machines depuis les lignes d'approvisionnement jusqu'aux ateliers de montage ou de peinture en passant par les unités de chauffage, de ventilation ou d'hygrométrie des ateliers.

Selon Eric Marchiol, directeur industrie 4.0 chez Renault, cette méthode vise non seulement à améliorer la production, mais aussi à réaliser des économies.

"Nous espérons économiser 10, 20 ou 30 % de la consommation d'énergie", estime ce responsable.

En comparant et en analysant ces données grâce notamment aux outils d'intelligence artificielle de Google, "nous espérons économiser 10, 20 ou 30% de la consommation d'énergie", indique Eric Marchiol.

40.000 salariés formés par Google

Les outils de Google Cloud analyseront aussi les données des robots de soudure, des centres d'usinage... Google aidera par ailleurs Renault à former plus de 40.000 salariés à l'exploitation de la donnée industrielle.

"L’objectif de ce programme est de renforcer la culture sur les données qui constitue aujourd’hui un élément essentiel de la vie professionnelle quotidienne, tant au niveau des processus opérationnels que décisionnels", explique le Groupe Renault dans un communiqué.

Cette signature intervient dans un contexte particulièrement sensible. En effet, le débat sur la souveraineté numérique, notamment celle de l'industrie, est vif en France, mais aussi en Europe. Sur ce point, Renault précise qu'il reste propriétaire des données qui seront protégés par les technologies de chiffrement de Google. Le groupe français précise qu'il sera le seul à y avoir accès et qu'elle seront stockées en Europe.

Le groupe ne fait pas mention du Cloud Act, cette loi américaine qui permet aux agences fédérales d'avoir accès lors d'enquêtes aux données stockées par des entreprises américaines même si elles se trouvent hors du territoire des Etats-Unis.

François Lavernos, directeur des systèmes d'information industrie du constructeur automobile, signale que "toute une partie de l'architecture" de traitement des données industrielles reste dans les usines et ne repose pas sur le cloud de Google", a-t-il dit.

La signature de ce contrat fait aussi faire un pas de géant à Google qui pourrait ainsi rattraper en Europe son retard dans le Cloud par rapport à ses deux concurrents, Amazon et Microsoft. En France, selon Synergy Research Group, Google Cloud serait en 5e place avec une part de marché de seulement 8 % au premier trimestre, soit la moitié de celle de Microsoft et un quart de celle d'Amazon. Sur le plan mondial, Google est en 4e place entre IBM et le chinois Alibaba.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco