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Retraites: l'OCDE veut aligner les régimes du privé et du public

L'OCDE considère comme "difficile à justifier" le meilleur traitement dont disposent les fonctionnaires

L'OCDE considère comme "difficile à justifier" le meilleur traitement dont disposent les fonctionnaires - Public Domain - Pixabay - CC

L'organisation considère, notamment en France, qu'il est difficile de justifier la meilleure pension dont disposent les fonctionnaires une fois qu'ils ont quitté la vie active. Elle plaide ainsi pour un seul et unique régime.

L'OCDE s'est livrée à un véritable réquisitoire ce lundi 5 décembre. L'organisation a critiqué les régimes spéciaux de retraites des fonctionnaires, exhortant ses pays membres concernés, notamment la France, à les aligner sur les règles du secteur privé.

"Aujourd'hui, seulement quatre pays de l'OCDE ont des régimes de retraites totalement séparés pour les fonctionnaires: la Belgique, la France, l'Allemagne et la Corée" du Sud, rapporte l'organisation internationale dans une étude.

"Un système intégré"

Dans ces pays, "les futures pensions des fonctionnaires, mesurées en taux de remplacement, sont supérieures de 20 points à celles du secteur privé, pour une carrière complète", poursuit l'OCDE, qui estime qu'en "termes d'équité", il est "difficile de justifier que les fonctionnaires, une fois à la retraite, ont besoin d'un meilleur revenu de remplacement que leurs homologues du secteur privé".

L'organisation plaide pour un "système de retraites intégré, couvrant tous les travailleurs de manière identique", dont les bénéfices seraient multiples, pour "l'équité, la transparence, la mobilité professionnelle, la portabilité des droits, les coûts de gestion et les finances publiques".

L'OCDE promet aux pays qui sauteraient le pas des "économies d'échelle significatives", "par exemple dans la collecte des cotisations, la tenue des dossiers et le paiement des pensions", alors que les systèmes "dual" génèrent, selon elle, des "doublons" et du "gaspillage de frais administratifs".

Des "rigidités"

Dernier argument développé, les régimes spéciaux des fonctionnaires introduisent des "rigidités" sur le marché du travail.

L'organisation pointe notamment du doigt un paramètre: la période d'acquisition des droits, plus ou moins longue selon les pays, pendant laquelle un employé ne peut quitter la fonction publique sous peine de ne pas être éligible à la retraite des fonctionnaires. En France, comme en Espagne et en Autriche, cette période dure 15 ans. Cela "réduit la capacité des travailleurs à s'adapter aux mutations sectorielles et à saisir les nouvelles occasions d'emplois", déplore l'OCDE.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) compte 35 pays membres développés (Etats-Unis, Union européenne, Australie, Japon...) et émergents (Mexique, Chili, Turquie...). La Chine, le Brésil et l'Inde n'en font pas partie. Parmi les pays de l'OCDE, 21 disposent déjà de régimes de retraites uniques (Italie, Espagne, Grèce, Suisse, Japon...) ou de régimes séparés mais régis par des règles identiques (Suède, Pays-Bas, Luxembourg...).

J.M. avec AFP