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Wall Street finit sans direction, mais progresse sur la semaine

Le Dow Jones a progressé de 0,8% sur l'ensemble de la semaine.

Le Dow Jones a progressé de 0,8% sur l'ensemble de la semaine. - Johannes EISELE - AFP

La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé vendredi, dans un marché volatil en raison notamment de plusieurs facteurs techniques, mais Wall Street est monté sur l'ensemble de la semaine.

Le Dow Jones a cédé 0,80% à 25.872,56 points. Le Nasdaq a grappillé 0,03% à 9.946,12 points et le S&P 500 a lui cédé 0,67% à 3.097,74 points. Sur l'ensemble de la semaine, le Dow Jones a progressé de 0,8%, le Nasdaq de 2,4% et le S&P 500 de 0,9%.

Les indices new-yorkais ont fait les montagnes russes pendant la séance de vendredi, journée dite "des quatre sorcières", à l'issue de laquelle plusieurs contrats sur des produits financiers ont expiré. Le S&P 500 a par ailleurs connu son premier rééquilibrage de 2020, un mouvement généralement associé à une plus grande volatilité sur le marché actions.

La place new-yorkaise a aussi été animée par plusieurs informations de nature à déstabiliser les investisseurs, à commencer par la décision d'Apple (-0,57%) de fermer à nouveau ses magasins dans les Etats américains (Arizona, Floride, Caroline du Nord et du Sud) qui connaissent un rebond des cas de coronavirus.

"Il s'agit d'Etats où l'épidémie ne s'est pas propagée aussi rapidement que dans d'autres parties du pays, comme l'Etat de New York", note cependant Maris Ogg de Tower Bridge Advisors.

Les croisiéristes en net repli

Parmi les autres nouvelles peu rassurantes pour les acteurs du marché vendredi, l'association qui représente les principaux croisiéristes mondiaux a annoncé la suspension des trajets au départ des ports américains jusqu'au 15 septembre en raison de la pandémie de Covid-19. Les titres de Norwegian Cruise Line, Royal Caribbean et Carnival ont tous fini en net repli, respectivement -5,64%, -6,87% et -5,26%.

Malgré les accrocs de vendredi, la Bourse de New York continue d'afficher une forme insolente depuis fin mars, soutenue entre autres par les signes d'un redémarrage de l'économie américaine, les mesures titanesques de soutien du gouvernement et de la Réserve fédérale ainsi que l'espoir d'avancées sur un traitement ou un vaccin contre le coronavirus. 

Mais plusieurs barons de Wall Street, dont Jeremy Grantham et Leon Cooperman, ont mis en garde contre la surévaluation des indices new-yorkais et le risque d'éclatement d'une bulle.

La semaine prochaine, le marché suivra de près des indicateurs américains sur les ventes de maisons neuves, les commandes de biens durables, l'inflation, le Produit Intérieur Brut du premier trimestre et les demandes d'allocation chômage.

Parmi les valeurs du jour, les majors pétrolières cotées sur la place new-yorkaise ont connu une séance en demi-teinte malgré la progression des prix de l'or noir: Occidental est monté de 0,20%, mais Chevron et ExxonMobil ont reculé de 1,42 et 2%.

Les Bourses européennes dans le vert

Les Bourses européennes ont elles terminé la semaine dans le vert vendredi, au lendemain d'une journée de baisse, soutenues par l'espoir d'un apaisement des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, tout en continuant de rester attentives à la situation sanitaire.

Londres a mené la danse avec une progression de 1,10%, porté par des chiffres des ventes au détail meilleurs qu'attendu. Francfort est monté de 0,40%. Milan a gagné 0,68% et Madrid 0,32%. La Bourse de Paris est pour sa part montée de 0,42%. Le CAC 40 a pris 20,70 points à 4.979,45 points, ce qui porte sa progression sur l'ensemble de la semaine à 2,90%. La veille, il avait baissé de 0,75%. 

Le marché a été guidé par les espoirs que "la Chine soit disposée à continuer d'acheter les produits agricoles américains", a déclaré à l'AFP Alexandre Neuvy, responsable de la gestion privée chez Amplegest. En janvier, Pékin s'était engagé à acheter pour 50 milliards de dollars supplémentaires de produits agricoles américains dans le cadre d'un accord pour mettre fin à la guerre commerciale entre les deux superpuissances. Mais avec la pandémie de Covid-19, les importations chinoises sont restées à un faible niveau.

Le représentant au Commerce du président américain Donald Trump et artisan de l'accord, Robert Lighthizer, s'est montré optimiste jeudi, répétant que les autorités chinoises allaient tenir leurs engagements.

Sur le plan des valeurs, en France, Sanofi a progressé de 1,95% après avoir annoncé que son médicament Dupixent (dupilumab) avait été approuvé en Chine pour le traitement de la dermatite atopique, une forme d'eczéma modérée à sévère de l'adulte.

Renault a reculé de 1,88% à 21,13 euros mais le nouveau directeur général Luca de Meo, qui prendra ses fonctions au 1er juillet, s'est dit "confiant" sur la capacité de redressement du constructeur automobile français.

Sandrine Serais avec AFP