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UPDATE: Air France-KLM pose ses conditions pour participer à la recapitalisation d'Alitalia

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PARIS/MILAN (Dow Jones)--La compagnie franco-néerlandaise Air France-KLM (AF.FR) a durci le ton lors des négociations sur un éventuel sauvetage d'Alitalia, exigeant une restructuration en profondeur de la compagnie aérienne et de sa dette, qui av

PARIS/MILAN (Dow Jones)--La compagnie franco-néerlandaise Air France-KLM (AF.FR) a durci le ton lors des négociations sur un éventuel sauvetage d'Alitalia, exigeant une restructuration en profondeur de la compagnie aérienne et de sa dette, qui avoisine le milliard d'euros, avant de lui apporter de nouveau des fonds.

Cependant, Air France-KLM se heurte à l'opposition des banques italiennes, résolument hostiles à l'idée d'un effacement partiel de la dette d'Alitalia, et du gouvernement du pays, qui cherche à éviter qu'Alitalia ne serve plus qu'à alimenter les hubs d'Air France-KLM à Paris et Amsterdam et craint que des milliers d'emplois disparaissent.

Bien que le gouvernement n'ait pas exclu la possibilité de rechercher d'autres compagnies aériennes éventuellement intéressées par un partenariat avec Alitalia, une personne proche des négociations a confié qu'il n'existait pas d'autre alternative que celle d'Air France-KLM.

Les actionnaires d'Alitalia, dont Air France-KLM qui en détient 25%, ont jusqu'à la mi-novembre pour décider de participer ou non à l'augmentation de capital d'un montant de 300 millions d'euros de la compagnie aérienne.

Air France-KLM juge le projet actuel non viable

Cependant, le groupe franco-néerlandais, qui a déclaré jeudi que la valeur comptable de sa participation dans Alitalia était désormais estimée à zéro, pense que le projet actuel n'est pas viable car le niveau d'endettement de la compagnie italienne resterait insoutenable.

Le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a déclaré jeudi, lors d'une rencontre avec les analystes à Paris, qu'il pressait la compagnie aérienne italienne de réduire ses activités de moyen-courrier, qui sont déficitaires et souffrent de la concurrence des compagnies low-cost et des trains à grande vitesse.

Parallèlement, Air France-KLM souhaite que son partenaire italien revienne sur ses ambitions dans le long-courrier. Alitalia compte ouvrir de nouvelles lignes, qui pourraient ne pas être rentables avant de nombreuses années.

Air France-KLM souhaite également faire pression sur les banques créancières d'Alitalia pour qu'elles prennent une part plus active dans sa restructuration financière en acceptant d'effacer une partie de la dette de la compagnie ou de la convertir en actions avant l'échéance de la mi-novembre.

"Si ces conditions sont remplies, nous pourrons envisager de renforcer notre partenariat. Si elles ne le sont pas, nous ne le ferons pas", a déclaré Alexandre de Juniac.

Le troisième pilier d'Air France-KLM ?

Air France-KLM a toujours dit qu'il aimerait que la compagnie aérienne italienne devienne le troisième pilier du groupe, mais les autorités italiennes ont par le passé exclu une telle éventualité.

Les responsables d'Air France-KLM ont rejeté les spéculations selon lesquelles leur tactique serait de ne pas participer à l'augmentation de capital d'Alitalia et d'attendre que la compagnie soit déclarée en faillite pour la racheter à bas prix. Une telle idée serait "stupide", a estimé un dirigeant du groupe.

Une faillite entraînerait de tels problèmes pour Alitalia, ses clients, ses employés et ses fournisseurs qu'il pourrait ne plus rien y avoir à récupérer, en particulier si des concurrents mieux placés et plus riches, comme Lufthansa (LHA.XE), entraient alors en lice, ont expliqué les responsables.

-David Pearson et Gilles Castonguay, Dow Jones Newswires

(Version française Marie Testard, Valérie Venck et Maylis Jouaret)

(END) Dow Jones Newswires

October 31, 2013 14:08 ET (18:08 GMT)

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