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Trou d'air boursier pour Air France-KLM après ses résultats annuels

Air France a publié un bénéfice d'exploitation record, mais en dessous des attentes des analystes.

Air France a publié un bénéfice d'exploitation record, mais en dessous des attentes des analystes. - Joel Saget-AFP

Les investisseurs n'apprécient pas la publication d'un bénéfice d'exploitation inférieur à leurs attentes. Résultat, le titre Air France-KLM faisait partie des titres baissant le plus à la Bourse de Paris.

C'est peu dire que les résultats d'Air France ont déçu les investisseurs. En baisse de plus de 6,5% vers 17 heures, le titre de la compagnie aérienne se retrouve parmi les plus fortes baisses de la cote parisienne. Pourtant, le groupe franco-néerlandais a enregistré un bénéfice d'exploitation record, à 1,49 milliard d'euros, ce qui représente une augmentation de 439 millions d'euros (+41,8%) par rapport à l'année précédente. Mais, celui-ci reste inférieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur 1,53 milliard d'euros.

De plus ce résultat d'exploitation record n'a pas empêché le groupe de publier une perte nette de 274 millions d'euros, grevée par des charges non courantes (n'ayant aucun impact sur la trésorerie du groupe) de 1,43 milliard d'euros liées liées à la décomptabilisation des actifs des plans de retraites des pilotes et personnels de cabine de KLM.

Des marges toujours faibles chez Air France

Plus que la perte nette, c'est l'écart financier entre le groupe Air France-KLM et ses principaux rivaux Lufhtansa (qui compte également Swiss, Austrian Arlines, Brussels Airlines et Eurowings) et IAG (British Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus), qui inquiète le marché. Car, si les deux principaux concurrents européens d'Air France-KLM n'ont pas encore communiqué leur résultat annuel, les analystes s'attendent néanmoins à ce que leurs bénéfices d'exploitation soit bien supérieurs: de 70% à 100% de plus que celui de la compagnie franco-néerlandaise.

Il faut dire qu'Air France peine toujours à dégager une rentabilité digne de ses concurrents. Avec une marge d'exploitation de seulement 3,7%, la compagnie française reste très loin de KLM et de ses 8,8% de rentabilité et à des années lumières "des marges à deux chiffres que réalisent le groupe IAG et les transporteurs à bas coûts", comme le souligne dans une note le courtier Liberum. Un écart que Jean-Marc Janaillac espère réduire rapidement alors que doit se tenir ce samedi l'organisation d'Assises du transport aérien. 

À cette occasion, le dirigeant compte réclamer les "conditions d'une concurrence équitable avec les compagnies de pays tiers subventionnées (les compagnies du Golfe, ndlr) et certaines compagnies low-cost européennes s'exonérant des règles sociales européennes". 

En attendant, le patron français ne pourra plus compter sur la baisse des carburants comme il a pu le faire en 2017. En effet, Air France-KLM s'attend à ce que sa facture de carburant gonfle de 150 millions d'euros en 2018, ce qui ne devrait pas faciliter la progression de la rentabilité.

S.B.