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Rebond spectaculaire pour le Dow Jones et le Nasdaq

Une heure avant la clôture, lundi, Wall Street a opéré un rebond impressionnant avec des hausses de 5% pour le Dow Jones et presque autant pour le Nasdaq. Ce mardi, les Bourses asiatiques ont ouvert plus timidement.

Le grand huit ! Lundi, la Bourse de New York a effectué un revirement impressionnant, les investisseurs espérant que les autorités monétaires des plus grands pays mettront au point une réponse coordonnée pour atténuer l'impact économique du nouveau coronavirus.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, s'est envolé de 5,09%, à 26.703,32 points. Il venait tout juste d'encaisser sa pire semaine depuis 2008 en s'effondrant de plus de 12% face à la propagation un peu partout dans le monde de l'épidémie.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, s'est apprécié de 4,49% à 8.952,17 points et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a grimpé de 4,60%, à 3.090,23 points.

Après un petit bond à l'ouverture lundi, les indices étaient pourtant redescendus temporairement dans le rouge après la publication d'un indicateur décevant sur l'activité manufacturière aux Etats-Unis. Mais les investisseurs ont été rassérénés "par l'attente de mesures de soutien budgétaires ou monétaires", estime Karl Haeling de LBBW. 

Ils semblent visiblement attendre "une sorte d'annonce sur une possible action coordonnée après la réunion téléphonique prévue mardi" entre les banquiers centraux et ministres des Finances du G7, relève-t-il.

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, et le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell dirigeront cette rencontre prévue à 12H00 GMT, les Etats-Unis présidant cette année le groupe des sept pays les plus riches de la planète, Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni.

L'Australie baisse ses taux

Les ministres des Finances de la zone euro se réuniront aussi par téléphone mercredi à 13H00 GMT "pour coordonner (leurs) réponses", a affirmé le ministre français Bruno Le Maire. 

Les acteurs du marché avaient déjà été encouragés par les promesses des banques centrales qui, de Washington à Tokyo, se sont engagées à monter au créneau si la propagation du nouveau coronavirus continuait à affecter durablement l'activité des populations et des entreprises.

Jerome Powell a pris vendredi l'initiative inhabituelle de publier un communiqué assurant que l'institution utiliserait les outils à sa disposition pour soutenir l'économie. Les investisseurs évaluent désormais à 100% la probabilité d'une baisse des taux d'un demi point de pourcentage --un geste rare-- lors de la prochaine réunion de la Fed, selon l'évaluation des produits à terme de CME Group.

Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a aussi assuré lundi que son institution ferait tout son possible pour "garantir la stabilité des marchés financiers".

Dans la nuit, c'est la banque centrale australienne qui a décidé d'abaisser ses taux d'intérêt à un niveau historiquement bas, pour amortir l'impact économique du virus.

Apple flambe

De quoi rassurer un peu les investisseurs alors que le nouveau virus frappe désormais au moins 69 pays et territoires. Il a forcé des usines à fermer, des entreprises à limiter drastiquement les déplacements professionnels, des compagnies aériennes à réduire leurs vols. 

Nombre de multinationales ont déjà prévenu que leurs résultats financiers allaient en pâtir et des économistes révisent à la baisse leurs prévisions de croissance mondiale.

Mais signe du regain de confiance des investisseurs lundi, le taux à 10 ans sur les bons du Trésor, qui avait plongé plus tôt dans la séance jusqu'à 1,028%, s'est nettement redressé et évoluait vers 21h35 GMT à 1,142% contre 1,149% vendredi.

Particulièrement affectés par la récente déroute des marchés, les géants du secteur technologique se sont fortement redressés, Apple flambant notamment de 9,31%.

L'Asie a ouvert timidement

Du côté de l'Asie, les données rassurantes sur l'activité économique chinoise ont permis aux marchés locaux d'évoluer dans le vert. L'indice de Hong Kong augmentait de 0,45% à 6h30 (heure française) tandis que celui de Shanghai était à +1,16%. Un peu à la peine, le Nikkei japonais évoluait en négatif (-0,56%).

Thomas Leroy avec AFP