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Pourquoi les bourses rechutent

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Après les forts rebonds enregistrés en début de semaine, les bourses mondiales ont repris leur chute, apeurées par une crise de l’économie réelle.

-7,97% à New-York mercredi, -11,41% à la clôture à Tokyo jeudi, -4% à Paris à la mi-journée... Les banques sauvées, les investisseurs restent pourtant nerveux. Ils craignent maintenant la récession.

Selon Nicolas Bouzou, directeur du cabinet de conjoncture économique Astérès, « jusqu'à la fin de l'année, on va rester dans un climat d'extrême volatilité. Les grands indices boursiers comme le CAC 40 peuvent même remonter d'ici la fin de l'année parce qu'on est vraiment aujourd'hui sur des niveaux très bas. On peut avoir cette tendance à la hausse avec une alternance de bonnes et de mauvaises séances. Le plan a évacué les craintes de faillites bancaires mais il ne faut pas s'attendre à une série de bonnes séances. L'effet de ce plan est passé, il avait déjà été en partie anticipé. Ce plan a été complètement digéré et les marchés financiers n'y pensent plus aujourd'hui. Ce qui les préoccupe, c'est les craintes de récession ».

Eric Heyer, directeur adjoint du département Analyses et Prévisions de l'OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Economiques), est sur la même ligne : « Les bourses étaient un peu rassurées par le plan de sauvetage financier, qui a été salué par des très fortes hausses en début de semaine, et là on s'aperçoit qu'on n'a pas réglé le problème économique. On passe d'une crise financière à une crise économique ».

Pour Jézabel Couppey-Soubeyran, maître de conférence à l'université Paris-I et spécialiste des banques et des systèmes financiers, « il s'agit de baisses techniques, auxquelles on pouvait s'attendre. En fait les investisseurs essayent de profiter des hausses de lundi et mardi en revendant leurs titres. Ca leur permet de regagner un peu d'argent après en avoir perdu beaucoup. S'ajoute à ça des données plus mauvaises que prévues relatives à la vente de détail aux Etats-Unis ».

Philippe Dessertine, professeur de finances à l'université Paris X Nanterre et directeur de l'Institut des hautes finances, se montre tout aussi pessimiste : « Nous avons les signaux qui commencent à clignoter de plus en plus au niveau des bourses mondiales. Ils nous donnaient l'indication des dernières semaines des dangers pesant sur la finance, aujourd'hui ils nous donnent l'indication du danger beaucoup plus grave et général qui pèse sur l'ensemble de l'économie. Toutes les statistiques tombées cette semaine sont extrêmement mauvaises sur le fonctionnement de l'économie mondiale. Les marchés financiers relayent ces informations en reprenant leur dégringolade. On se demande comment on va pouvoir l'arrêter ».

La rédaction et Céline Pitelet