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Pourquoi EDF est à son plus bas historique en Bourse

L'action EDF chute en Bourse dans le sillage des prix des matières premières

L'action EDF chute en Bourse dans le sillage des prix des matières premières - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Le cours de Bourse d’EDF touchait mercredi de nouveaux planchers, au lendemain de l’annonce de sa sortie du CAC 40, dans un contexte de marché difficile.

EDF poursuivait mercredi sa descente aux enfers, cédant plus de 2% à de nouveaux plus bas historiques (-2,2% à 12,5 euros à 14 heures) au lendemain d'une chute de 4% provoquée par l'annonce de sa sortie de l'indice CAC 40. Un véritable séisme en termes d’image qui ne fait cependant qu’entériner la dégradation avérée du sentiment des investisseurs vis-à-vis de l’opérateur historique d’électricité.

Une situation à laquelle l’État, qui détient pourtant près de 85% du groupe, n’est pas étranger, en contribuant à un certain flou sur les perspectives de l’entreprise. Pour des raisons politiques, l’évolution des tarifs réglementés d’électricité ne suit en effet jamais les hausses recommandées par la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

Le groupe pénalisé par la baisse des prix de marché

Mais EDF souffre avant tout aujourd'hui de la baisse des prix de marché, passés fin 2014 sous le niveau du prix d’accès régulé à l’électricité nucléaire (ARENH) auquel EDF doit vendre aux fournisseurs alternatifs une partie de son électricité d'origine nucléaire.

Si bien que "pour la première fois depuis le démarrage du dispositif, aucun volume d’Arenh ne sera livré aux fournisseurs alternatifs sur le premier semestre 2016, dans la mesure où ils n’en ont pas demandé", a récemment indiqué la CRE.

Le recul des prix à terme de l’électricité découle de la chute des prix des combustibles (des centrales autres que les centrales nucléaires), c’est-à-dire le pétrole, le gaz et le charbon, qui entrent en ligne de compte pour calculer le coût de production d’un KWh.

Profit warning en Italie

Par ailleurs, si en France ces conditions de marché défavorables ont pu être compensées sur les neufs premiers mois 2015 par l’effet positif du climat, l'une des principales activités du groupe hors de l’hexagone est à la peine.

Edison, la filiale italienne d’EDF, a révisé à la baisse mardi ses estimations de moyen terme, annonçant par ailleurs une dépréciation d’actifs pour 1,5 milliard d'euros. Elle ne sera pas en mesure d’atteindre son objectif précédent d’un EBITDA récurrent de 1 milliard d’euros par an.

"Les prix de l’électricité en Italie étaient jusqu’ici beaucoup plus élevés que dans la zone Europe continentale", explique Oddo Securities. Le broker, qui conseille d’"alléger" ses positions sur EDF, prévoit que "le développement des interconnexions, la pression sur les prix des commodités et le développement du renouvelable devrait peser à long terme sur la profitabilité des opérations en Italie".

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François Berthon