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Paris: une fin d'année de rêve qui finit comme dans un rêve

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(CercleFinance.com) - Ouverture de Wall Street sur le mode 'champagne et confettis' (ce n'est même pas une image mais la réalité) avec une nouvelle pluie de records absolus (c'est normal: chaque point supplémentaire gagné induit un nouveau 'plus

(CercleFinance.com) - Ouverture de Wall Street sur le mode 'champagne et confettis' (ce n'est même pas une image mais la réalité) avec une nouvelle pluie de records absolus (c'est normal: chaque point supplémentaire gagné induit un nouveau 'plus haut absolu). Le Dow Jones (+0,2%) inscrit son 48ème record historique à 16.543Pts (+26,15% annuel), le 'S&P' y va d'un nouveau zénith (+0,17% à 1.845Pts), le Nasdaq se détache avec +0,25% à 4.165Pts, le 'Dow Transport' explose ses 'plus hauts' à 7.380Pts, ce qui porte à 40% son gain annuel (là aussi, c'est un record). Seule 'singularité' un peu étonnante, le 'VIX' (indice du stress) fait un bond de pratiquement +9% à 13,6 en ce 31 décembre... où tout semble pourtant se dérouler pour le mieux.

Mais Paris n'a pas déçu pour cette dernière séance de l'année: sans grande surprise, les opérateurs ont profité de volumes ultra-creux (moins de 400 millions échangés entre 9H et 14H, 550Mns au final) pour tirer sans aucun effort les cours durant la dernière demi heure (+0,3% de mieux)... alors que l'Euro-Stoxx50 n'a grappillé que +0,25% ce mardi).

Le CAC40 clôture en hausse de +0,47% à 4.296: il n'a manqué qu'un point d'indice pour que la performance annuelle atteigne +18% (et non +17,99%). La performance de la Bourse de Paris (ou de l'Euro-Stoxx50) ne s'explique que par les liquidités déversées par la FED et le Bank of Japan car les profits des entreprises du CAC40 n'ont progressé que de 3% en moyenne (après avoir stagné en 2012)... ce qui signifie que les actions françaises se sont envolées de 35% en 2 ans sans réelle progression des bénéfices.

'Les volumes sont faibles et les investisseurs semblent se satisfaire des récentes progressions', commente-t-on chez Barclays Bourse.

Le gestionnaire d'actifs parisien vise ainsi un retour de l'indice phare de la Bourse de Paris vers ses plus hauts de 2013, avec une zone de résistance située entre 4304 et 4320 points, son sommet annuel en clôture... laquelle pourrait être retracée d'ici vendredi à l'issue des 2 premières séances de l'année.

Pour 2014, les stratèges évoquent un certain optimisme, jugeant que l'économie mondiale bénéficie pour la première fois depuis de longues années d'un horizon relativement dégagé.

Les professionnels en veulent pour preuve un appétit pour le risque qui demeure intact, puisque les grandes valeurs cycliques restent recherchées... mais c'est 'appétit' résulte d'un choix forcé puisque d'autres types de placements ont vu leur rendement anéanti par l'action délibérée et résolue de la plupart des banques centrales.

La distorsion artificielle de la valorisation des actifs explique que des états surendettés n'ont jamais payé aussi peu cher pour se refinancer... ce qui prive symétriquement les créanciers de revenus proportionnels aux risques encourus (ce sont le plus souvent les retraités qui sont spoliés).

Les mécanismes à l'oeuvre ressemblent beaucoup à ceux qui prévalurent avec la montée en puissances des 'subprime' de 2005 à 2007: les opérateurs se ruent sur le 'high yield' (emprunts à haut risque tels que les crédits automobiles aux Etats Unis), prennent des 'leviers' vertigineux sur les dettes d'état (prise de risque maximum puisque 'ça ne peut pas perdre avec des taux zéro'), sur des actions qui ne font pas un Dollar de bénéfices (Amazon, Twitter, Facebook...) mais qui jouissent d'une 'aura' médiatique qui les rend 'incontournables' (plus elles montent, plus la rationalité mathématique de la réplication indicielle impose d'en acheter davantage).

L'année qui s'achève entérine le 'long/short' actions contre métal précieux avec une once qui termine l'année sous les 1.200$, en chute de -28% (performance symétrique de celle du S&P500... qui fait pâle figure en regard des 57% de hausse des actions japonaises, Tokyo réalisant sa meilleure performance annuelle depuis 40 ans !).

Puisqu'il est questions de performances, Alcatel-Lucent, qui a fait son retour au sein du CAC 40 en fin d'année, signe la plus forte hausse annuelle de l'indice (+225%), suivi par EADS (+89%) et EDF (+83,75%). Mais il ne faut pas oublier non plus le 'carton' des équipementiers automobiles avec Plastic Omnium à +167,5%, Faurecia à +136,4% et Valeo à +113,4% (soit 3 sur 4 au sein du quarté gagnant).

Inversement, parmi les 10 valeurs accusant les plus lourds replis annuels, on retrouve 5 parapétrolières avec Technip (-20% sur l'exercice, victime d'avertissements sur résultats à répétition) puis CGG (-40%) ou encore Rubis (-11,3%) et Maurel et Prom (-4%)... et Vallourec réalise l'une des plus mauvaises performances du CAC40 avec +0,2%, Alstom faisant -12% et LVMH -4,5%.

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