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OPA de Capgemini sur Altran: "c'est passé juste mais j'attends la décision de justice", souligne Paul Hermelin

Au micro de BFM Business, le directeur général de Capgemini affiche toujours sa prudence malgré le succès de son offre d'achat.

Il y a encore deux semaines, Paul Hermelin soulignait sur BFM Business qu'il n'était pas sûr de remporter l'OPA menée sur Altran. En définitive, après un coup de pouce de 50 centimes sur le prix initial de l'offre publique d'achat (OPA), relevé à 14,50 euros, Capgemini a réussi à acquérir une courte majorité du capital d'Altran Technologies. Le groupe informatique détient 53,56% du capital.

Pour autant, si "c'est passé juste", rien n'est encore joué, insiste le directeur général ce mardi dans Good Morning Business, une décision de la cour d'appel étant en attente.

"Ce qui se passe, l'Adam, l'Association des actionnaires minoritaires, a plaidé contre l'avis de conformité rendu par l'autorité des marchés financiers en octobre. Un juge nous a autorisé avant le jugement final à procéder à l'offre et moi j'avais toujours dit qu'il fallait que les marchés décident et les marchés ont validé l'offre, stratégiquement et au cours que nous proposions. Le juge, en vertu des nouvelles lois assez récentes, a cinq mois pour décider. Donc le 24 mars, c'est la date au plus tard. Et comme c'est une décision de justice à venir, moi je marque toute la prudence. C'est une étape décisive remplie avec succès, ça me conforte bien, mais j'attends maintenant la décision de justice", détaille Paul Hermelin.

Passage de flambeau en mai

Paul Hermelin ne verra donc sans doute pas la mise en place concrète de cette fusion créant un géant des technologies à presque 16 milliards d'euros de chiffre d'affaires, le directeur général passant la main en mai.

"Je suis le directeur général depuis 18 ans, j'aurai 68 ans en avril. Dans ces métiers, il faut regarder à 5 et 10 ans, je me suis dit qu'un homme de 68 ans, s'il prétend voir l'avenir 10 ans en avant, ça devient un peu irréaliste. J'adore ce groupe, je ne ferais probablement rien d'autre dans ma vie que d'avoir collaboré et aider Aiman Ezzat (son successeur, NDLR) qui est avec moi depuis 2004. (...) Je trouve que c'est vraiment mon complément, mon successeur, c'est quelqu'un que j'aime énormément Je vais essayer de l'aider maintenant. Je pense que c'est réaliste parce qu'on a que l'âge de ses artères", conclut le dirigeant. 

Olivier Chicheportiche