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Morning Briefing: "swing" d'enfer sur les marchés

Les annonces spectaculaires de la BCE jeudi ont été l'occasion de mouvements d'une violence rarement vue. On est passés d'une hausse de 3,3% du CAC40 à une clôture en baisse de 1,7%!

Les annonces spectaculaires de la BCE jeudi ont été l'occasion de mouvements d'une violence rarement vue. On est passés d'une hausse de 3,3% du CAC40 à une clôture en baisse de 1,7%! - Daniel Roland - AFP

"Extraordinaire volatilité sur les marchés européens, après les annonces de la BCE et de Mario Draghi. Et malgré des arbitrages négatifs en définitive en clôture, les indices européens sont attendus en rebond marqué pour l'ouverture ce vendredi matin."

Tendance

Le CAC40 est attendu en belle hausse ce vendredi matin, demandé à +49 points pour 4.399. Jeudi, la Bourse a clôturé en baisse de 1,7% mais au prix d’une volatilité spectaculaire: plus de 3% de gagnés après la décision de la BCE sur ses taux et la conférence de presse de Mario Draghi, avant de tout perdre, et plus encore. 

Un "swing", un retournement de tendance sans doute le plus élevé depuis le début de l'année. Le CAC40 est monté jusqu'à 4.580 en séance, avant de retomber à 4.350 en clôture, au plus bas. Tout cela a provoqué une inflation des volumes: alors que l'on végétait du côté des 3 milliards d’euros ces derniers temps, ils se sont nettement intensifiés jeudi à 5,4 milliards.

Mais on observe des signes probants de stabilisation, avec Wall Street qui est bien remonté en soirée, le SP500 terminant à l'équilibre à +0,02%, et Tokyo qui ce vendredi matin clôture sur un gain de 0,51%, accréditant la thèse d’un retour au calme à court terme. L’euro, lui, a connu jeudi une volatilité spectaculaire également: en ce moment, on se trouve au-dessus de 1,11 face au dollar.

Catalyseurs

Certes, la séance de jeudi aura été le théâtre d'annonces spectaculaires de nature à largement surpasser les anticipations de marché. La BCE qui baisse ses taux directeurs à zéro, qui abaisse encore plus loin en territoire négatif les taux de dépôt, qui finance les banques pour soutenir l’investissement, qui augmente largement son plan de rachats d'actifs à 80 milliards d'euros par mois, qui élargit le spectre des actifs à racheter aux obligations d’entreprise... Mario Draghi a frappé très fort.

Mais le marché est largement retombé avec le sentiment que la banque centrale tirait ses dernières cartouches, et que malgré la force et la conviction de la banque centrale vis-à-vis de son action, les investisseurs n'y croient plus.

Malgré tout, il serait sans doute aller un peu vite en besogne que de dire qu'il n'y a plus "d'effet Draghi". Les supports de marché constitués sur ces derniers mois de bourse restent solides, et ont été certes constitués dans le sillage du redressement des cours du pétrole, mais aussi dans l'expectative de ce qu'allait annoncer la BCE.

Donc à moins que l'on reperde 10 ou 15% dans les prochains jours, pour l'instant, sur un terme un peu plus long, on reste sur des marchés alimentés et soutenus par l'action de la Banque Centrale, avec un vrai effet positif.

La baisse des marchés jeudi en clôture pourrait même être due à des réalignements sur les obligations d’entreprises, dans l’expectative de leur éligibilité aux programmes de rachats de la BCE. Traditionnellement, acheter en masse des obligations d’entreprises fait baisser les cours des actions des entreprises correspondantes. Les mouvements violents d'ajustement sur l'euro-dollar ont sans doute également joué.

Valeurs

Nouveau changement au CAC40 au 21 mars: Sodexo va remplacer Alstom. Le conseil scientifique d'Euronext parle d'une confirmation du capital confiance de Sodexo, autour d'une capitalisation solide et de volumes d'échanges significatifs.

Carrefour

UBS abaisse son opinion d'achat à neutre, l'objectif de cours abaissé de 30 à 27 euros.

Renault

Le Credit Suisse revoit sa recommandation de surperformer à neutre, objectif de cours descendu de 86 à 83 euros.

Antoine Larigaudrie