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Morning Briefing: quand la Chine s’éveille du bon pied

Relatif soulagement à la Bourse de Shnghai ce matin, qui à ouvert sur une tendance un peu plus calme et positive. Mais la volatilité persiste...

Relatif soulagement à la Bourse de Shnghai ce matin, qui à ouvert sur une tendance un peu plus calme et positive. Mais la volatilité persiste... - Johannes Eisele - AFP

Après 2 jours de relâche, les boursiers du monde entier attendaient impatiemment le son de cloche à la ré-ouverture des marchés chinois, et il est plutôt positif. Cela dit, le marché va rester volatil et instable, car c’est au tour de Wall Street aujourd’hui d’enchaîner avec un jour chômé (Labor Day).

Tendance 

Shanghai se faisait attendre. Après plusieurs semaines de forte volatilité et une atmosphère de panique par moments, on espérait un retour à une relative stabilité avec les 2 jours chômés dus aux célébrations de la fin de la 2ème Guerre Mondiale.

Grosse volatilité toujours, avec une très forte hausse à l’ouverture, mais un retour au calme assez net en définitive (+0.88% à la mi-séance). Du coup, les marchés mondiaux réagissent plutôt positivement, Le Nikkei est à l'équilibre à 7h30, et la Bourse de Paris est attendue en hausse à l’ouverture, avec un CAC40 demandé en hausse d’un peu plus d’1% à 4.571 points.

Cela dit, l’agitation et les turbulences ne devraient pas lâcher le marché, tant les indicateurs de volatilité sont hauts, le VIX américain est encore proche des 30 points, à 27 en clôture vendredi, et l’absence de cotation du côté de Wall Street devrait provoquer une nette baisse des volumes en Europe, et par là même accentuer les risques de mouvements violents.

Catalyseurs de marché

- La volatilité du marché chinois va perdurer, et sera un vrai catalyseur de tendance, d’autant que la Chine a abaissé ses chiffres de croissance pour l’année passée, passant de 7.4 à 7.3%. Révision minime, mais qui témoigne toujours des difficultés du pays à évaluer sa santé et ses perspectives, avec de toutes les façons des pressions à la baisse.

- La déception reste vive après publication vendredi des chiffres américains de l’emploi d’août, et après les commentaires très prudents du Beige Book sur le marché du travail, l’inflation, la croissance et l’impact de la conjoncture chinoise, les investisseurs voient mal la Réserve Fédérale remonter ses taux ce mois-ci. Désormais les hypothèses vont d’une remontée en décembre a un statu quo qui perdurerait jusqu’à l’année prochaine.

- C’est du côté des entreprises américaines que les marchés vont regarder maintenant. Beaucoup d’entre elles ajustent leurs prévisions avant la fin du 3ème trimestre, et la baisse des cours du pétrole couplée à la montée du dollar risquent de conduire pas mal de grands noms de la cote à abaisser leurs objectifs. Les consensus tablent sur une baisse de 2.8% du chiffre d’affaires cumulé des entreprises du S&P500 pour le 3ème trimestre, et des déceptions sont sans doute à prévoir dans les grosses industries cycliques, l’énergie et les groupes liés aux matières premières.

- Selon les chiffres hebdomadaires de Merrill Lynch, les fonds actions mondiaux ont à nouveau enregistré des flux nets positifs, après 3 semaines de sorties consécutives et un montant record à ce niveau-là. 10.7 milliards de dollars ont été investis toutes zones géographiques confondues, mais 7.2 milliards sur des fonds actions techniques américains, ce qui tendrait à prouver qu’il s’agit de rachats de positions à découvert. Les fonds actions européens, eux, ont attiré 4.2 milliards de dollars de capitaux net, un plus haut de 6 semaines

Valeurs à suivre

Secteur pétrolier

L’Amérique a désinvesti 30 milliards de dollars de l’industrie du gaz de schiste sur le seul 1er semestre, quasiment l’ensemble de ce qui a été désinvesti sur l’ensemble de l’année 2014. Très nette tendance à l’accélération du désinvestissement face à un baril dont le cours perd toujours 50% sur un an, et des forages qui ont déjà été quasiment réduit de 60% sur la même période, preuve que les points d’équilibre en matière de rentabilité sont très durs à trouver. Et face à une forte accélération de l’endettement de ces groupes (de 80 milliards de dollars en cumulé à la fin de l’année à 170 milliards à fin juin), on assiste à une augmentation des défauts de paiement. 6 acteurs majeurs sont désormais placés sous la protection du Chapitre 11.

Schneider Electric

Crédit Suisse commence sa couverture du titre à surperformance, objectif de cours 63 euros.

Bonne journée boursière à tous et bonne semaine !

Antoine Larigaudrie