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Marchés : un quatrième trimestre plein de promesses

Après un 3ème trimestre très difficile, et malgré le retour du risque et de la volatilité, le marché action garde encore un potentiel certain.

Après un 3ème trimestre très difficile, et malgré le retour du risque et de la volatilité, le marché action garde encore un potentiel certain. - Roméo Gacad - AFP

Après avoir signé le trimestre le plus calamiteux depuis 2011, le CAC 40 a l’air de vouloir repartir de l’avant, et sur une tendance largement haussière. Un signe plutôt encourageant, qui tend à prouver que les investisseurs semblent retrouver espoir.

Question à 6.8%... (ce que le CAC 40 aura perdu sur le 2ème trimestre). Est-ce que l’environnement général a à ce point changé sur le marché actions pour qu’il faille les solder, placer l’argent sur des supports monétaires, et attendre que l’orage passe ?

La réaction des marchés depuis 48 heures tendrait à prouver que le marché corrige de lui-même un certain nombre d’excès baissiers, dus à une phase de fortes turbulences, et à plusieurs événements complexes à arbitrer. Mais au final pas si décisifs en matière de tendance.

Les banques centrales toujours au cœur du jeu

La FED a été claire sur les taux. Après quelques hésitations, le décor est planté, et désormais on est fixés sur une date de relèvement des taux, décembre semblant remporter la majorité des suffrages.

Mais en cela rien de neuf, les marchés au contraire semblaient plutôt impatients que les intentions soient précisées à ce niveau-là, et c’est désormais le cas. Du côté des autres grandes banques centrales, pas de changement de cap prévu : on reste sur des politiques extrêmement souples, qui pourraient même aller encore plus loin en matière de soutien à l’économie et aux marchés, tant les indicateurs de prix et de croissance restent faibles.

Pas de changement radical de tendance

Du côté de la Chine, on reste sur une tendance économique qui suit les scénarios ébauchés par les économistes, et la tempête boursière semble s’être calmée. Les volumes d’échanges sur les principales places boursières ont très fortement chuté (-70 ou -80%) après la violente tempête du mois d’août. Preuve que le marché chinois, lui aussi, a peut-être corrigé ses propres excès passés, et est prêt à passer à autre chose.

Point de vue résultats et perspectives d’entreprises, là non plus, aucun changement radical de tendance sur les différentes zones géographiques. On s’attend à une baisse marquée des bénéfices des entreprises américaines, et a une poursuite du redressement en Europe.

L’automobile : vrai ou faux problème ?

Le secteur automobile est un peu le symbole de ce changement de tendance. Attaqué durement cet été pour son côté cyclique et les craintes de voir le marché chinois flancher, atteint de plein fouet par le scandale Volkswagen, il a été le premier à plonger avec la tendance générale du marché.

Malgré tout, après examen de toutes les conséquences possibles de ces 2 problématiques précises, les constructeurs ne croient absolument pas à des conséquences graves en termes de perspectives de vente. Tout juste est-il bon de constater que le monde de l’automobile se sera rappelé au bon souvenir des marchés : oui, lui aussi, possède une dimension macro-économique et cruciale pour le tissu industriel mondial.

Effets techniques favorables

Ce qui remet la question sur le tapis : qu’est-ce qui a changé ? Concrètement, rien. Rien de nature à estimer que les actions européennes, encore une fois, restent un actif bien plus rémunérateur que n’importe quel autre sur le long terme, en mettant de côté les phases de turbulences et en gérant prudemment son portefeuille.

Un contexte rendu propice à l’investissement pas les excès de marché eux-mêmes : à force de vouloir vendre à découvert dès que du gros temps s’annonce ou qu’une mauvaise nouvelle survient, il y a bien un moment où il faut boucler ses positions et dégager des profits. Et pour cela, on repasse à l’achat !

Retour des fusions-acquisitions ?

Et comme les turbulences de ces dernières semaines revêtaient une dimension majeure, pour l’instant on assiste à un réajustement à la hausse majeur sur les indices actions, les valeurs et les fonds correspondants. Même plusieurs facteurs annexes seront théoriquement facteurs de soutien, et notamment peut-être un retour des fusions-acquisitions.

Car tout est lié : le marché avait tellement baissé que des opérations de regroupements, rendues difficiles par des valorisations relativement élevées, peuvent revenir au premier plan.

Regroupements en vue dans différents secteurs

L’opération FNAC/Darty suit ce chemin : dans certains secteurs en expansion, certains acteurs ont besoin de prendre de la taille et du volume. Dans d’autres on peut assister à un certain nombre d’opérations défensives, notamment dans le domaine de l’énergie ou des matières premières.

Ces deux secteurs sont sans doute loin d’avoir terminé leur travail de restructuration nécessaire, pour s’adapter à la baisse continue des cours. Il y aura forcément de la casse, mais aussi des opportunités. Le patron du 2ème sidérurgiste allemand, Saltzgitter, admet réfléchir à des regroupements multi-métiers dans son secteur, pour partager et mieux maîtriser les coûts des processus industriels. L’avenir pourrait être celui des conglomérats multi-métaux.

Réapprendre la volatilité

Bref, énormément de raisons de rester raisonnablement optimiste. Maintenant la prudence doit être de mise, tant un nouvel actif est à prendre en compte en tant qu’objet de gestion : la volatilité. Même si les instruments traditionnels utilisés pour la mesurer et pour en tirer profit, en particulier l’indice VIX de la Bourse de Chicago, on a des indicateurs du même type qui s’affolent en Asie et en Europe.

Ils témoignent juste du fait que l’absence de volatilité, précisément, constituait une anomalie de marché en début d’année, compte tenu des risques globaux sur l’économie mondiale.

Toujours du potentiel

Les marchés, avant de gérer de l’argent, sont là pour gérer du risque. Et il est normal que la volatilité augmente dans le contexte actuel. Ce déséquilibre étant réglé, tout le monde doit s’y faire et se réaligner.

Mais tout comme les perspectives monétaires des banques centrales, nous sommes dans un climat expérimental sur le marché, pas dénué de risques, mais dont trop se méfier constituerait une erreur majeure. Car le potentiel est là.

Antoine Larigaudrie