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Marchés européens: les analystes confiants malgré les risques

Selon les dernières prévisions d'analystes, l'année 2016 sera encore une année florissante pour les marchés actions européens. Florissante mais pas dénuée de risques ni de volatilité.

Selon les dernières prévisions d'analystes, l'année 2016 sera encore une année florissante pour les marchés actions européens. Florissante mais pas dénuée de risques ni de volatilité. - Eric Piermont - AFP

Retour de la volatilité, déséquilibres monétaires, prix de l’énergie… malgré une conjoncture complexe, le consensus 2016 compilé par l'agence Reuters est toujours très positif pour les actions européennes.

Les analystes persistent et signent. Depuis des mois et malgré un environnement économique qui devient extrêmement complexe, ils prévoient une nouvelle progression significative des indices actions européens pour l’année prochaine.

La moyenne de leurs prévisions donne un CAC40 qui pourrait atteindre les 5.200 points, voire les dépasser, avec une progression moyenne de quasiment 15%, et une hausse similaire pour l’Eurostoxx50, l’indice de référence des grandes capitalisations européennes. Les prévisions n'ont donc guère bougé depuis cet été.

Zone Euro, zone franche ?

Les raisons sont quasiment les mêmes qu’au début de l’année. Un contexte monétaire très favorable, et une divergence de position entre la BCE et la FED qui transforme la Zone Euro en territoire protégé. En effet, la Réserve Fédérale va remonter ses taux directeurs et resserrer progressivement sa politique monétaire.

Le processus a pris plus de temps que prévu, dans le sens où le Board de la banque centrale a hésité longuement avant de déclencher l’impulsion, le contexte économique étant encore un peu instable, notamment après la tourmente boursière de l’été.

Déséquilibres monétaires en série

Mais pendant ce temps la BCE, elle, a nettement avancé dans son programme d’assouplissement. Les dernières initiatives ont eu beau décevoir dans un premier temps, la banque a planté un décor de rêve pour les marchés actions pour encore une période prolongée. Au moins jusqu’à la fin de l’année prochaine, en fonction des résultats en termes d’activité, de conjoncture bancaire et bien sûr d’inflation.

Et dans un souci d’atténuer les déséquilibres entraînés par leurs politiques très proactives, les banques centrales vont aller chacune dans leur sens à pas mesurés pour aider au maximum l’économie, le secteur financier et donc les marchés.

Facteurs de marché positifs

Au-delà de ça, les analystes voient plusieurs facteurs pour rester positifs sur les actions européennes. Des valorisations encore raisonnables en moyenne, des prix de l’énergie très avantageux pour beaucoup de secteurs d’activité, et des perspectives de fusions-acquisitions dans beaucoup de secteurs.

L’année promet d’ailleurs d’être record à ce niveau, accroissant la valeur spéculative de certains titres. Mais l’année 2016, les investisseurs s’y attendent, ne sera pas un long fleuve tranquille. Et malgré la spectaculaire tempête de cet été, on n’a sans doute encore rien vu. La volatilité est de retour, et sans doute pour un long moment.

Difficile de se couvrir

Déjà parce que les politiques monétaires exceptionnelles des banques centrales, et même le processus de retour à la normale, occasionnent des déséquilibres en chaîne. Et notamment sur les taux d’intérêt et les changes, deux types d’actifs que les boursiers utilisent précisément pour se couvrir contre les grosses turbulences de marché.

L’effet des politiques monétaires a rendu les mécanismes de couverture bien moins efficaces. De même que les indices de volatilité, comme le VIX de Chicago, qui a ses équivalents sur le marché européen.

Auto-alimentation de la volatilité

Ces instruments permettent de se couvrir contre les turbulences de marché, mais sont désormais un peu utilisés de manière impropre, devenant un actif qu’on achète par réflexe quand les indices baissent trop vite et trop fort.

Par conséquent, ceux qui investissent sur les indices actions vont encaisser des contrecoups de tendance et de brusques inflexions, les obligeant à arbitrer de manière agressive, auto-alimentant la volatilité ambiante. Avec comme principaux risques à venir pour les mois et l’année qui viennent, à savoir les perspectives des pays émergents et en particulier de la Chine.

Juste évaluation du risque

Mais c’est sans doute le prix à payer pour un marché qui, inondé de liquidités par les banques centrales, a eu tendance a complètement mésestimer le facteur risque.

2016 sera donc l’année de la prise de conscience, de la recherche du juste prix du risque. Au milieu d’un marché actions européen qui reste sur des perspectives les plus attrayantes au monde.

Antoine Larigaudrie