BFM Patrimoine

Marchés: entre seuils historiques et symboliques

Un trader de Wall Street salue à sa façon le retour du Dow Jones au-dessus des 18000 points.

Un trader de Wall Street salue à sa façon le retour du Dow Jones au-dessus des 18000 points. - Andrew Burton - Getty Images North America - AFP

Chiffres chocs, paliers spectaculaires, niveaux records pluriannuels ou historiques, les indices boursiers européens poursuivent sur leur lancée. Avec en relais des entreprises qui lancent des signaux de reprise.

18.000 sur le Nikkei et le Dow Jones. 11.000 sur le DAX de Francfort. Nouveau record historique vendredi pour le S&P500, l'indice large de la Bourse de New York. Un CAC40 qui poursuit sa grimpée sur des plus hauts de quasiment 7 ans. Rien ne semble vouloir arrêter la progression des indices actions, particulièrement en Europe ces dernières semaines. 

Les raisons on les connaît, effet de rattrapage par rapport aux actions américaines, taux plancher, baisse des prix du pétrole et taux de change euro-dollar très favorable aux entreprises. Facteurs exogènes ou artificiels qui donnent un potentiel de hausse quasiment mathématique aux entreprises cotées européennes.

"Sentiment d’euphorie"

Les chiffres de la semaine passée fournis par Merrill Lynch et EPFR Global sont assez étonnants à ce niveau-là. 3,6 milliards d’euros de flux nets positifs pour les fonds actions européens. La 5ème semaine de hausse consécutive, qui porte le montant total amassé depuis le début de l’année à 15 milliards. Mais ce n’est pas tout, ce sont toutes les classes d’actifs européennes qui en bénéficient, actions et obligations. Du jamais vu depuis avril dernier. Avec même, dit la banque d’affaires, un "sentiment d’euphorie" dit la banque américaine !

Les marchés sont donc en train de jouer la poursuite du scénario "Hausse des actions, baisse des taux". Ce qui encore une fois est l’occasion, sinon d’acheter massivement, au moins d’assurer des supports très solides sur les niveaux actuels.

Les résultats d’entreprises en renfort

Mais ce n’est pas tout, et commence à se matérialiser peut-être le 2ème étage de la fusée. Au vu des résultats d’entreprises, très nombreux, tombés la semaine, plusieurs certitudes : déjà de solides acquis sur l’année 2014, notamment en matière de conservation de la rentabilité et de génération de cash.

Ensuite, une reprise de l’activité assez sensible sur le 4ème trimestre, qui mérite d’être confirmée, et amplifiée, notamment à la faveur des effets favorables changes/taux/pétrole qui n’ont pas donné encore leur plein potentiel.

A suivre : crédits bancaires et pétrole

Et concrètement on se retrouve sans doute dans le meilleur des scénarii, à savoir des ingrédients de reprise artificielle qui vont donner des résultats fondamentaux. En gros, tout ce qu’espèrent les marchés et la BCE, qui est à l’œuvre avec sa politique de soutien indéfectible à la Zone Euro.

Deux facteurs seront à surveiller ces prochains mois, en plus des résultats d’entreprises et des indicateurs économiques, les chiffres du crédit bancaire de la zone, qui montreront ou pas un appétit pour le risque et pour l’investissement dans la croissance, mais aussi les cours du pétrole et des matières premières. On est en train d’assister à un phénomène de stabilisation-remontée assez net, mais toute remontée trop forte et incontrôlée pourrait encore provoquer de l’instabilité. Mais pour l’instant, tous les voyants sont au vert pour les bourses européennes.

Antoine Larigaudrie