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Malgré les chutes, les Bourses européennes ont bien résisté

Les investisseurs ont fait montre de sang froid

Les investisseurs ont fait montre de sang froid - Éric Piermont - AFP

L'ensemble des places boursières du Vieux Continent ont connu des chutes comprises entre 2 et 4% pour la première séance de l'année ce lundi 4 janvier. Néanmoins, le résultat aurait pu être bien pire, les bourses européennes ayant fait preuve d'une certaine résistance.

La première séance boursière de 2016 a eu un parfum d'été 2015 pour la Bourse de Paris. Comme en août dernier, au plus fort de la crise boursière chinoise, les places asiatiques ont connu une véritable débâcle, les bourses de Shenzhen et de Shanghai dévissant de plus de 7%. La dégringolade a été telle qu'elle a précipité un mécanisme de "coupe-circuit", mis en place ce lundi, qui a mis fin aux cotations avant l'heure.

Dans le sillage de ces contre-performances en Asie, les marchés européens ont souffert. Le CAC40 a perdu 2,47%, la Bourse de Milan a reculé de 3,17%, celle de Londres de 2,39%. Le Dax de Francfort a été plus gravement touché (-4,28%).

"Le Dax est plus sensible à la Chine que les autres places européennes car il comporte un grand nombre de groupes industriels qui sont dépendants des commandes chinoises, comme les groupes automobiles ou encore Siemens", explique Tangi Le Liboux d'Aurel BGC.

"On aurait pu craindre une séance bien pire"

De fait, le gadin chinois a pour origine un indicateur plus mauvais qu'anticipé (le PMI manufacturier). "Cet indicateur était en train de se redresser, mais le chiffre de décembre a cassé cette dynamique, or le marché est très sensible aux dynamiques", indique Tangi Le Liboux. Mais, selon lui, le "coupe-circuit" décrit plus haut a aussi pu jouer. Ce mécanisme, conçu pour empêcher les marchés de s'emballer serait contre-productif. "Plus vous vous rapprochez du seuil (de déclenchement) plus cela a tendance à amplifier le mouvement de baisse. Les investisseurs cherchent à vendre avant que la suspension n'arrive", poursuit l'expert.

Dans ce contexte, les marchés européens ont souffert sans pour autant céder. Car la chute observée sur le CAC40 est certes importante, mais elle reste à des années-lumière de la séance noire du 24 août dernier, lorsque l'indice parisien avait lâché plus de 5% au plus fort de la crise chinoise, après avoir perdu jusqu'à 8% en séance.

"Il y a une forte résistance du CAC40 et plus largement des bourses européennes alors que l'on a eu un réel krach en Asie", constate Christopher Dembik de Saxo Banque. "On aurait pu craindre une séance bien pire et cela montre que les investisseurs ne s'orientent pas seulement sur la Chine mais se penchent également sur d'autres questions comme la politique monétaire".

"Les investisseurs commencent à s'habituer aux évolutions des marchés chinois", confirme Tangi Le Liboux. "Et même si la baisse d'aujourd'hui a de quoi déstabiliser, il n'est pas impossible qu'on en rattrape une partie demain".

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