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Les marchés ne comprennent rien à la présidentielle française

Isabelle Mateos y Lago, directrice générale au BlackRock Investment Institute, était invitée dans Les Experts ce vendredi.

Isabelle Mateos y Lago, directrice générale au BlackRock Investment Institute, était invitée dans Les Experts ce vendredi. - BFM Business

L'élection présidentielle française inquiète de nombreux investisseurs mondiaux parce qu'ils ne connaissent pas le système électoral français, explique la directrice générale de BlackRock, Isabelle Mateos y Lago.

Plus que quatre séances de bourse avant le premier tour de l'élection présidentielle, puisque les marchés sont fermés ce vendredi et lundi. Quatre séances d'attente, alors que les derniers sondages placent désormais quatre candidats dans un mouchoir de poche. De quoi alimenter les inquiétudes des investisseurs étrangers, qui connaissent mal le système électoral français.

"Nous avons passé les premiers mois de l'année à expliquer aux investisseurs du monde entier que le fait que Marine Le Pen soit donnée gagnante au premier tour n'impliquait pas qu'elle gagne au second", explique ainsi Isabelle Mateos y Lago, directrice générale au BlackRock Investment Institute.

D'ailleurs les craintes de ses clients au sujet des plus de 20% d'intentions de vote pour la candidate anti-euro ont été telles que "les flux d'investissements s'en sont ressentis: les investisseurs, tout particulièrement américains et japonais, ont vendu des milliards d'obligations françaises au cours des dernières semaines", raconte Isabelle Mateos y Lago.

Non pas un mais deux candidats à hauts risques

Le fonds a donc donné quelques cours d'éducation civique aux investisseurs. "Nous leur avons expliqué que le système électoral français est différent de celui des États-Unis, que l'élection de Donald Trump outre-Atlantique ne laissait en rien présager celle de Marine Le Pen en France", ajoute Isabelle Mateos y Lago.

Mais entre temps, Jean-Luc Mélenchon a fait une percée dans les sondages. Dans la dernière édition de Ipsos-Sopra Steria pour le Monde, parue ce vendredi, le candidat du Front de Gauche (20%) dépasse François Fillon (19%) et se place 3e derrière Marine Le Pen et Emmanuel Macon, tous deux à 22% des intentions de vote. Alors "depuis la semaine dernière on doit expliquer qu'il n'y a pas un mais deux candidats à hauts risques et donc, oui, mathématiquement, davantage de probabilités d'avoir un accident en terme de programme économique et d'impact sur les marchés", déplore la directrice générale du Fonds.

JPMorgan ne s'inquiète pas

"Il y a énormément d'angoisse autour de cette élection, avec une influence sur les marchés mondiaux. Les taux d'intérêts obligataires américains, certains jours, réagissent davantage à la politique française qu'à ce qui se passe aux États-Unis", avance-t-elle. Et de conclure que "cette élection en France, c'est vraiment sur les marchés un point de focalisation extrêmement important".

Une vision que ne partage pas vraiment le patron de la première banque d'investissement au monde, JPMorgan. À une question de la presse sur ses éventuelles inquiétudes quant au résultat de l'élection en France, Jamie Dimon a répondu n'être "absolument pas nerveux". Il admet que "si un membre de l'union monétaire européenne venait à la quitter la situation deviendrait très compliquée et dangereuse. Mais "les Français vont choisir librement leur prochain président et quel qu'en soit l'issue, JPMorgan se portera bien".

N.G.