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Les BRICS ont (enfin) leur banque

Le sommet des BRICS a eu lieu, il y a deux semaines, à Moscou.

Le sommet des BRICS a eu lieu, il y a deux semaines, à Moscou. - Alexandr Nemenov - AFP

Annoncée en 2013, la banque de développement a officiellement vu le jour ce mardi 21 juillet. Elle se veut une alternative au Fonds monétaire international mais aussi à la Banque mondiale.

Cela faisait deux ans qu'ils l'attendaient. Les pays-membres des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), qui représentent 40% de la population mondiale, avaient décidé en 2013 de la fondation d'une nouvelle institution financière, dotée d'un capital estimé à 100 milliards de dollars. C'est chose faite.

La nouvelle banque de développement a ouvert ses opérations ce mardi 21 juillet dans la métropole chinoise de Shanghai, a annoncé l'agence Chine nouvelle. La "Nouvelle banque de développement" - New Development Bank selon son sigle anglais - est généralement perçue comme une alternative à la Banque mondiale (BM) et au Fonds monétaire international (FMI), deux institutions basées à Washington.

Son ouverture, annoncée par un bref communiqué, intervient deux semaines après un sommet des BRICS organisé en Russie, à Oufa, sous l'égide du président Vladimir Poutine. Moscou, durement affecté par les sanctions liées à la crise ukrainienne et la chute du rouble, voit dans la banque et ses réserves de devises un recours contre les institutions financières mondiales comme le FMI et la BM, sous influence américaine.

"Nouveau système de relations internationales multipolaires"

Lors du sommet de Oufa, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait souligné que les BRICS "illustraient un nouveau système de relations internationales multipolaires" et démontraient l'influence croissante de "nouveaux centres de pouvoir".

Deuxième économie mondiale, la Chine a également présidé au lancement d'une autre institution financière multilatérale, la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (BAII), dont le siège est à Pékin. Dotée également d'un capital de 100 milliards de dollars, la BAII a été officiellement établie fin juin avec cinquante Etats fondateurs, parmi lesquels une vingtaine de pays occidentaux dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. La Chine en est le plus gros contributeur, avec 30% des parts. Les deux premières économies mondiales -Etats-Unis et Japon- en sont absentes .

D. L. avec AFP