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Les 30 grandes banques à qui il manque encore 1.000 milliards

Selon le rapport choc du Comité international de stabilité financière, les plus grosses banques du monde, parmi lesquelles quatre françaises, n'ont pas fini de chercher sur le marché de quoi consolider leurs fonds propres. Objectif:  plus de 1.000 milliards de dollars à rassembler d'ici 7 ans.

Objectif numéro 1 du Board of Financial Stability, éviter à l’avenir que tout plan de sauvetage éventuel d’une grande banque en difficulté ne coûte un seul centime aux Etats souverains ou aux contribuables.

Les grandes banques systémiques (celles dont un éventuel effondrement pourrait provoquer une explosion du système financier mondial) ont pourtant mis de côté des centaines de milliards de dollars ces dernières années.

Efforts supplémentaires nécessaires

Elles ont dû consolider leurs fonds propres, après la faillite de Lehman Brothers en 2008, ont dû encore lever des sommes très importantes pour se mettre en conformité avec des normes comptables de plus en plus sévères, dont les dernières (Bâle3) sont considérées comme les plus strictes possibles.

Mais il reste encore du chemin à faire, selon le régulateur mondial, qui estime qu’une trentaine de banques à travers le monde doivent encore faire des efforts supplémentaires à ce niveau. La santé du système de financement bancaire est à ce prix.

18% de fonds propres à horizon 2022

30 banques sont donc concernées, en premier lieu les mastodontes internationaux JPMorgan et Citigroup, sans doute une grande partie des banques d’affaires américaines, et aussi, entre autres, les quatre grandes enseignes françaises, Société Générale, BNP Paribas, BPCE (Banques populaires et Caisse d'Epargne) et Crédit Agricole S.A..

Elles vont devoir à nouveau aller chercher sur les marchés de quoi satisfaire à de nouveaux critères précis : détenir 16% de leurs actifs en fonds propre à horizon 2019, et 18% en 2022.

L’enjeu de la dette convertible

Les différentes méthodes d’évaluation des ratios se solidité ont beaucoup évolué ces derniers temps, mais la plupart des grandes enseignes européennes et américaines sont en moyenne loin du compte, aussi bien du point de vue du montant global de fonds propres que de leur nature.

En effet, le Board of Financial Stability préconise l’émission de dette convertible en capital, qui leur permettrait à la fois de se refinancer et de pouvoir, le cas échéant, convertir ces obligations en capital, pour consolider leurs assises. Or beaucoup des banques visées par cette étude n’en disposent pas, ou pas de manière suffisante.

Le secteur bancaire : un chantier permanent ?

Un nouveau chantier de très long terme, qui, en l’état actuel des choses, s’annonce comme le dernier, pour limiter ou contenir les effets d’une catastrophe du type Lehman Brothers.

Mais l’addition s’annonce salée pour des banques qui ont déjà dû payer un lourd tribut à ce processus de consolidation. Sans même parler des réformes structurelles engagées pour réduire leurs coûts, rationaliser leurs activités, faire face aux différentes initiatives de séparation de leurs activité ou même travailler sur la transformation d’un secteur en passe d’être révolutionné par la robotique bancaire et les Fintech. qui permettent aux entreprises comme aux particuliers d'emprunter sans faire appel à leur banque. 

Environnement en perpétuelle mutation

Ce énième chantier s’annonce donc comme un nouveau chantier de la discorde, pour un lobby bancaire qui ne tardera pas à réagir.

En mettant sans doute en avant la difficulté de soutenir la rentabilité de leurs capitaux propres, avec ces nouvelles contraintes, et un niveau de taux d’intérêts certes bas à court terme, mais qui risque d’évoluer d’ici 2022…

Antoine Larigaudrie